Chaque programme désigne un coupable et promet une recette. Nous faisons l’inverse : nous prenons les mesures fiscales telles qu’elles sont écrites, nous les confrontons à la taille réelle de l’assiette qu’elles visent, et nous regardons où retombe le solde.
Le résultat est presque toujours le même, à gauche comme à droite. La mesure qui fait l’affiche pèse quelques milliards. Le financement réel, lui, passe par une assiette large : la TVA, les cotisations, l’impôt sur les sociétés, ou la dette. C’est cette partie silencieuse que la série reconstitue, candidat par candidat.
Les mêmes, dans le même ordre, quel que soit le camp. Elles ne portent pas sur la désirabilité d’une politique, qui est un choix démocratique, mais sur la solidité de son financement, qui est vérifiable.
Une mesure fiscale ne vaut pas ce qu’elle promet, elle vaut ce que son assiette contient. Combien de contribuables, pour quel montant taxable, et combien de fois l’opération est-elle répétable ?
Nous distinguons systématiquement le chiffrage revendiqué par le candidat, celui produit par une institution indépendante, et l’hypothèse que nous formulons faute des deux premiers. Chaque ligne porte son étiquette.
Quand la mesure d’affiche ne couvre qu’une fraction du programme, le reste ne s’évapore pas. Il part vers l’impôt sur les sociétés, la TVA, les cotisations ou la dette. C’est cette partie que nous rendons visible.
Un taux qui monte modifie les comportements : distributions décalées, cessions reportées, holdings relocalisées. Nous raisonnons à assiette constante, puis nous indiquons ce que les évaluations disponibles disent du contraire.
Ce que cette série assume.
Elle défend une thèse : désigner une catégorie étroite de contribuables comme source de financement d’un budget d’État est une impasse arithmétique, quelle que soit la catégorie désignée et quel que soit le camp qui la désigne. Un budget se finance sur une assiette large, ou il ne se finance pas.
Ce n’est pas dire que les programmes mentent sur leurs recettes. C’est dire que l’affiche et le tableur ne parlent presque jamais de la même population, et que la seconde information est rarement celle qui circule.
Cette thèse est argumentée et chiffrée, pas neutre. Chaque page se termine donc par une section contradictoire qui expose ce que l’analyse ne démontre pas et sur quoi l’adversaire a raison. Elle ne sera jamais retirée.
Trois conditions, cumulatives. Aucune ne regarde un sondage, une notoriété ou le poids du parti qui porte la candidature : une absence de cette série signale un document manquant, pas un jugement sur une candidature.
Une intention prêtée par la presse ne suffit pas. Il faut une déclaration du candidat, ou une désignation votée par le parti qui le porte.
Un programme, un contre-budget ou un plan d’économies portant des montants, publié sous la responsabilité du candidat ou de son parti. Nous retenons le document chiffré le plus récent disponible, et le stade de ce document est déclaré dans le dossier.
Un montant sans assiette ne se vérifie pas. Il faut au moins une ligne dont on puisse rapporter le rendement annoncé au nombre de contribuables, d’allocataires ou de foyers réellement concernés.
Ce critère, appliqué à la lettre, fragilise deux dossiers déjà publiés.
Le corpus de La France insoumise repose sur un chiffrage global de 2022, dont l’édition 2027 du programme n’a pas publié de mise à jour. Celui du Rassemblement national repose sur un contre-budget parlementaire, qui n’est pas un programme présidentiel. Nous les analysons quand même, parce que la deuxième condition retient le document chiffré le plus récent disponible, et non un document idéal : en contrepartie, le stade exact de ce document est déclaré dans le dossier concerné, et rappelé sur la page du test.
Un dossier long n’est pas un dossier plus sévère, ni un dossier plus favorable : c’est un dossier dont le candidat a publié davantage de matière chiffrée. La longueur est la conséquence du nombre de lignes à vérifier, pas un choix éditorial. La colonne de droite mesure la même chose autrement : sur les 20 arbitrages du test d’orientation, le nombre de ceux où le corpus du candidat prend une position documentée. Un programme muet sur un arbitrage y compte zéro, jamais une position devinée.
| Dossier | Lecture | Positions documentées |
|---|---|---|
| Gabriel AttalRenaissance | 36 min | 18 / 20 |
| Jean-Luc MélenchonLa France insoumise | 28 min | 20 / 20 |
| Marine Le PenRassemblement national | 28 min | 10 / 20 |
| Édouard PhilippeHorizons | 24 min | 17 / 20 |
| Bruno RetailleauLes Républicains | 23 min | 19 / 20 |
| Marine TondelierLes Écologistes | 20 min | 16 / 20 |
État des candidatures au 4 septembre 2026. La primaire unitaire de la gauche, prévue le 11 octobre 2026, a été abandonnée après le vote des adhérents socialistes du 9 juillet 2026 en faveur d’une primaire de leur seul pôle : plusieurs lignes de ce bloc restent donc ouvertes, et sont signalées comme telles plutôt qu’annoncées comme acquises.
Une carte sans analyse publiée porte la condition d’entrée que la candidature ne remplit pas encore, telle qu’elle est publiée avec la méthode. Le plus souvent, il manque un document budgétaire chiffré : sans montant publié, il n’y a rien à confronter à une assiette, et donc rien à écrire.
ISF, taxe Zucman, suppression de la flat tax, barème IR et CSG à 14 tranches.
3 chapitres · 28 minCandidature déclarée le 3 mai 2026Taxation du capital et protectionnisme fiscal, avec une ligne distincte de LFI.
Candidat à la primaire unitaire depuis le 26 janvier 2026, et annoncé candidat à la présidentielle en l’absence de primaireFiscalité des grandes transmissions, pacte Dutreil, et financement public de la transition.
3 chapitres · 20 minDésignée par Les Écologistes le 8 décembre 2025. Candidature autonome non tranchée après l’abandon de la primaire unitaireRetour partiel de l’ISF, révision des niches, taxation des superprofits.
Désignation par la primaire du pôle social-démocrate, votée le 9 juillet 2026 et ouverte à Place publique par l’accord du 25 août 2026. Deux tours annoncés, les 9 et 10 puis les 16 et 17 octobre 2026. Aucun chiffrage d’ensemble publié à ce stade : deuxième condition non remplieTaxation des méga-héritages annoncée à 15 Md€ sur le centile supérieur, et impôt plancher sur les patrimoines au-dessus de 100 M€.
Candidature déclarée le 23 août 2026, soumise à la primaire du pôle social-démocrate des 9 et 10 octobre 2026, second tour les 16 et 17. Programme annoncé comme en construction, sans chiffrage d’ensemble publié : deuxième condition non rempliePlan d’investissement de 500 Md€ sur cinq ans, financé par la réorientation du crédit bancaire plutôt que par un prélèvement.
Vote des adhérents communistes du 3 au 6 septembre 2026 sur la candidature que le parti soutiendra, résultat annoncé le 6 septembre. Le « Pacte pour la France » publié par le parti en septembre 2025 chiffre un plan d’investissement, pas un programme présidentiel : deuxième condition remplie en partieSuppression du secret des affaires, expropriation, indexation des salaires.
Candidature déclaréeDéfense du bilan 2017-2027 : PFU, IFI, baisse des impôts de production.
3 chapitres · 36 minCandidature déclaréeRedressement des comptes par la dépense, réforme des retraites, durée du travail.
3 chapitres · 24 minEn campagne depuis septembre 2024Fiscalité de la production et réindustrialisation. Les montants qui circulent datent de la campagne précédente et ne sont pas repris dans un document publié pour 2027.
Intention affirmée publiquement le 27 août 2026, déclaration formelle annoncée pour la fin de l’année 2026, hors primaire. Aucun document budgétaire chiffré publié sous sa responsabilité pour 2027 : deuxième condition non rempliePlan de 50 Md€ d’économies : allocation sociale unique plafonnée, dépenses liées à l’immigration, année blanche sur les crédits.
Renoncement annoncé le 1er juillet 2026 : première condition non remplie. Le plan de 50 Md€ d’économies présenté le 2 octobre 2024 l’a été au nom du groupe Droite Républicaine, et non d’une candidaturePlan de 120 Md€ d’économies, baisse des prélèvements, réduction du périmètre de l’État.
3 chapitres · 23 minCandidature déclaréeTVA sur l’énergie, exonérations ciblées, priorité nationale dans les prestations.
3 chapitres · 28 minCandidature déclarée le 7 juillet 2026, après réformation en appel de sa peine d’inéligibilitéSouverainisme fiscal, taxation des importations, baisse des charges.
Candidature déclaréeCette liste retient les candidatures déclarées, les participations annoncées à une primaire, et les personnalités dont l’absence de la série demande une explication : une intention publique sans déclaration formelle, ou un renoncement annoncé. Elle n’est pas exhaustive des quelque quarante candidatures déclarées ou pressenties, et n’anticipe pas la validation des cinq cents parrainages d’élus exigés par la loi.
20 arbitrages posés à partir des chiffres de ces dossiers, sans qu’aucun nom de candidat n’apparaisse dans les questions. Vous choisissez un instrument, pas un camp : un taux et une assiette, un âge de départ, une durée d’indemnisation. Le classement des 6 programmes vient à la fin, et la page vous montre quels arbitrages l’ont produit.
Les programmes se discutent à partir du droit en vigueur. Voici l’état des lieux, chiffré.