Cette page a longtemps opposé les deux leviers en disant que les redevables d’un impôt sur la fortune peuvent s’expatrier. La mesure disponible ne dit pas cela. Sur chaque euro théoriquement prélevé par une hausse de la fiscalité des hauts patrimoines, 54 centimes se perdent par réorganisation des patrimoines qui restent, contre 20 centimes par départ à l’étranger. La première réaction pèse 2,7 fois la seconde, et le Conseil d’analyse économique en conclut que « le débat public, en se focalisant sur l’exil fiscal, se trompe donc de cible ».
Le même travail chiffre l’effet macroéconomique d’une réforme de 4 Md€, en retenant la borne haute des estimations d’expatriation : au plus 0,05 % de valeur ajoutée en moins et 0,04 % d’emploi en moins. Ce qui affaiblit un chiffrage de rendement, ce sont les réactions de ceux qui restent, pas la valise de ceux qui partent.
Ce qui tient : l’argument juridique
L’argument qui tient contre l’impôt plancher est donc juridique, et il est précis. Le Conseil d’État, saisi d’un dispositif différentiel à 3 %, a jugé que son caractère différentiel ne le sauvait pas : faute de plafonnement par rapport au revenu, il méconnaît le principe d’égalité devant les charges publiques.