Ce test ne vous demande pas ce que vous pensez, il vous demande ce que vous choisiriez. Chaque question part de zéro : elle explique de quoi il s’agit, ce que cela coûte ou rapporte, et ce que chaque solution déplace. Puis elle vous laisse trancher entre quatre réponses, dont aucune ne porte d’étiquette et aucune n’est la bonne.
Le classement se calcule sur les mesures que les candidats ont réellement écrites ou chiffrées, telles que nos dossiers les enregistrent. Vous y trouverez sans doute des voisinages qui ne vous ressemblent pas : c’est le principe. Sur la taxation des rachats d’actions ou sur les impôts de production, les alliances ne suivent pas les frontières attendues.
Un questionnaire politique ordinaire mesure surtout la capacité à reconnaître le camp de chaque phrase. Celui-ci est construit pour que cette reconnaissance ne serve à rien : 20 questions posées à partir d’un fait chiffré, aucun score affiché avant la dernière, 4 points d’écart minimum pour départager deux programmes, et un avertissement dès que vous répondez à moins de 12 questions sur les 20.
« Faut-il taxer les riches » se devine en une seconde. « À rendement égal, préférez-vous un taux faible sur une assiette large ou un taux fort sur une assiette étroite et mobile » est la même question, posée là où elle se décide vraiment. C’est celle-là que vous verrez.
Aucun nom de candidat, aucun nom de parti, et aucun des mots qui servent de signal dans le débat. Les mesures sont décrites par leur assiette, leur taux et leur rendement, ce qui est la seule façon de les comparer.
Un test à un seul axe se devine à la troisième question. Neuf axes se croisent ici : cible de solde, dépense ou recette, largeur d’assiette, patrimoine détenu ou transmis, coût du travail, durée du travail, contrepartie des prestations, fiscalité des entreprises, fiscalité comportementale. On peut être d’un bord sur l’un et de l’autre bord sur le suivant.
Le score brut avantagerait le candidat dont le programme est le plus détaillé. Chaque affinité est donc rapportée à ce que ce candidat pouvait obtenir de mieux et de pire sur les seules questions auxquelles vous avez répondu. Passer une question la retire du calcul, elle ne compte pas comme un désaccord.
Aucun score n’est affiché tant que les vingt questions ne sont pas traitées. Ce n’est pas du suspense : un test qui montre son résultat en cours de route se fait ajuster réponse après réponse, jusqu’à produire le classement qu’on attendait de lui. Il ne mesure plus rien.
Aujourd’hui, les pensions sont payées par les cotisations de ceux qui travaillent : l’argent est reversé aussitôt, rien n’est mis de côté. Le système dépend donc du nombre d’actifs par retraité, qui diminue. L’autre méthode, la capitalisation, consiste à placer l’argent sur les marchés pendant quarante ans pour le récupérer ensuite.
Faut-il ajouter une part de capitalisation ?
Ce que ça change : Elle ne soulage pas le système avant plusieurs décennies : pendant toute la transition, il faut payer les retraites d’aujourd’hui et épargner en même temps. Et elle déplace le risque : si les marchés s’effondrent au mauvais moment, c’est le retraité qui perd, pas l’État.
Le passage de l’un à l’autre coûte deux fois : il faut payer les pensions d’aujourd’hui avec les cotisations, et épargner en même temps pour celles de demain. C’est ce qu’on appelle la double charge de transition, et c’est ce qui explique les horizons de quinze ans annoncés.
Chaque année, retraites et allocations augmentent du montant de l’inflation, pour que leur pouvoir d’achat ne baisse pas. Suspendre cette hausse pendant un an, ce que l’on appelle une année blanche, ne fait diminuer aucun montant sur le relevé : les gens touchent la même chose, mais peuvent acheter moins. Cela concerne 14,7 millions de retraités et 4,4 millions d’allocataires.
Faites-vous ce gel ?
Ce que ça change : C’est l’économie la plus rapide et la plus discrète qui existe, ce qui explique qu’elle revienne à chaque budget. C’est aussi la plus indolore pour ceux qui ont d’autres revenus, et la plus dure pour ceux dont la pension ou l’allocation est le seul revenu.
Exemple de simulation, avec une hypothèse d’inflation de 2 %. C’est l’économie la plus discrète qui existe : elle ne change aucun taux, ne supprime aucun droit, et ne se voit sur aucun relevé. Elle concerne 14,7 millions de retraités et 4,4 millions d’allocataires.
Le revenu minimum et les autres aides sont versés selon les ressources du foyer. Plusieurs programmes veulent y ajouter des obligations, ou en réduire le montant. Un chiffre est rarement cité dans ce débat : les aides auxquelles les gens ont droit mais qu’ils ne réclament pas représentent plus d’argent que la fraude.
Quelle condition attachez-vous à ces aides ?
Ce que ça change : Une contrepartie peut remettre le pied à l’étrier et réduire la dépense. Elle coûte aussi en contrôles, et elle écarte des gens qui y avaient droit mais qui n’ont pas su, pas pu, ou pas réussi à remplir les conditions.
Le chiffre rarement cité dans ce débat : l’argent des aides non réclamées dépasse celui de la fraude. Durcir les conditions agit sur les deux à la fois, dans le même sens.
Deux façons d’aider une famille, aux effets opposés. La première passe par l’impôt : avoir des enfants réduit ce qu’on doit au fisc. Elle ne donne rien à une famille trop modeste pour être imposable, et elle donne d’autant plus que le revenu est élevé. La seconde passe par un versement : la même somme pour tous, riches et pauvres.
Laquelle privilégiez-vous ?
Ce que ça change : À dépense identique pour l’État, les deux ne bénéficient pas du tout aux mêmes familles. La première profite surtout aux foyers aisés, la seconde compte proportionnellement bien plus pour les foyers modestes.
Les deux instruments coûtent la même chose à l’État et se présentent aussi bien l’un que l’autre comme une politique familiale. Ils ne redistribuent pas dans le même sens : c’est le seul point qui les sépare, et il ne se voit pas dans leur nom.
Certaines taxes sont dues par les entreprises même quand elles ne gagnent rien : elles portent sur les locaux, les machines, l’activité. Elles pèsent environ 75 Md€ en France, contre 23 Md€ en Allemagne, et frappent donc surtout l’industrie, qui a beaucoup d’usines et d’équipements. Elles financent en grande partie les communes et les régions.
Quelle trajectoire leur donnez-vous ?
Ce que ça change : Les baisser aide l’industrie et l’emploi qui va avec. Mais chaque euro retiré est un euro en moins pour une commune ou une région : il faut alors que l’État compense, qu’un autre impôt le remplace, ou que la collectivité renonce à dépenser.
Elles portent sur les locaux, les machines, l’activité, et se paient donc aussi une année sans bénéfice. C’est ce qui les rend lourdes pour l’industrie. Elles financent en grande partie les communes et les régions : tout euro supprimé se compense, se remplace, ou se retire d’un budget local.
Une entreprise paie 25 % d’impôt sur son bénéfice, ce qui rapporte 61,8 Md€ par an. Mais le bénéfice se déclare : un groupe international peut vendre beaucoup en France et déclarer ses profits ailleurs, là où l’impôt est plus faible. Une PME qui vend tout en France n’a pas cette possibilité.
Quelle forme cet impôt doit-il prendre ?
Ce que ça change : Un taux unique est simple, lisible, et rassure ceux qui investissent. Le moduler permet de viser les très grands groupes ou d’encourager le réinvestissement, mais chaque règle nouvelle crée une nouvelle façon de la contourner.
L’impôt porte sur le bénéfice, et le bénéfice se déclare. Un taux plus élevé pèse d’abord sur celles qui ne peuvent pas déplacer le leur, ce qui explique les propositions de plancher assis sur l’activité réelle en France plutôt que sur le bénéfice déclaré.
L’énergie est taxée par les deux bouts. D’un côté, l’État renonce chaque année à 5,9 Md€ en n’imposant pas le kérosène des avions ni le gazole de certains professionnels. De l’autre, la TVA s’applique à plein sur le gaz, l’électricité et les carburants des ménages : la baisser coûterait environ 11 Md€.
Dans quel sens faites-vous bouger cette fiscalité ?
Ce que ça change : C’est le seul domaine où l’impôt sert à trois choses en même temps : remplir les caisses, protéger les factures, et décourager ce qui pollue. Les trois se contredisent, puisque ce qui allège la facture rend la consommation plus attractive.
Les deux colonnes portent sur la même énergie. Agir sur l’une sans l’autre revient à choisir laquelle des trois fonctions de cet impôt prime : financer, protéger les factures, ou décourager ce qui pollue.
Le classement n’apparaît qu’une fois les vingt questions traitées. Une question sur laquelle vous n’avez pas d’avis peut être passée : elle sera retirée du calcul, elle ne comptera pas comme un désaccord.
Aller à la question 1Les faits chiffrés des questions viennent des dossiers, sourcés ligne à ligne. La façon dont chaque réponse rapproche ou éloigne d’un candidat, elle, est une décision d’auteur : elle se discute, contrairement à un taux. C’est pourquoi la mesure qui justifie chaque colonne est publiée avec le résultat, question par question.
Quand un candidat n’a rien publié sur une question, sa colonne vaut zéro plutôt qu’une position devinée. Un programme qui parle peu d’un sujet n’est donc ni récompensé ni puni sur ce sujet, il en sort neutre.
Les mesures du Rassemblement national viennent du contre-budget 2026 du parti, qui n’est pas un programme présidentiel. Le chiffrage global de La France insoumise date de 2022, l’édition 2027 du programme n’en a pas publié de nouveau. Les deux dossiers le disent, le test le répète.
Le classement du test mesure une proximité d’arbitrages entre vos réponses et un corpus, pas la qualité d’un programme ni la solidité de son financement. Un programme peut arriver en tête de votre classement et voir son financement contesté dans son propre dossier, sans contradiction : ce sont deux questions distinctes, et le site y répond séparément.
Le test compare des arbitrages économiques, et rien d’autre. Un programme présidentiel se juge aussi sur ce qui ne se chiffre pas, et un vote se décide sur bien plus que vingt questions de fiscalité.
Le test compare des arbitrages. Les dossiers, eux, refont l’addition de chaque programme : ce qui est proposé, sur quelle assiette cela retombe, et ce qui ne tient pas.