Les tranches attendues si le barème suit l’inflation, ce qu’un gel coûterait à chaque niveau de revenu, et pourquoi un gel est une hausse d’impôt qui ne dit pas son nom.
6 min de lecture · révisé le 3 septembre 2026
Les taux ne bougent pas. Ce qui bouge, chaque année, ce sont les seuils : la loi de finances les relève d’ordinaire de l’inflation de l’année écoulée, pour qu’un revenu qui suit les prix ne change pas de tranche. La colonne de droite applique cette règle avec l’inflation attendue. C’est une hypothèse de calcul, pas un chiffre du gouvernement.
| Taux | Barème 2026, en vigueur | Hypothèse 2027, indexé à 2 % | Seuil relevé de |
|---|---|---|---|
| 0 % | 0 € à 11 600 € | 0 € à 11 832 € | + 232 € |
| 11 % | 11 601 € à 29 579 € | 11 833 € à 30 171 € | + 592 € |
| 30 % | 29 580 € à 84 577 € | 30 172 € à 86 269 € | + 1 692 € |
| 41 % | 84 578 € à 181 917 € | 86 270 € à 185 555 € | + 3 638 € |
| 45 % | au-delà de 181 917 € | au-delà de 185 555 € |
Barème d’une part, appliqué au revenu net imposable après abattement de 10 %. Le barème en vigueur est celui de l’article 197 du CGI (nouvel onglet). Les seuils 2027 seront ceux de l’article 2 du projet de loi de finances, connus au dépôt.
Entrez votre revenu imposable et le taux d’indexation que vous voulez tester. Le revenu de 2027 est supposé suivre les prix : c’est ce qui fait apparaître l’effet du barème seul, sans le mélanger à une augmentation réelle.
Le montant de la ligne « revenu imposable » de l’avis, après l’abattement de 10 %.
Ce que le projet de loi fixera. À 0 %, le barème est gelé et les deux colonnes de droite se confondent.
Le gel coûterait 138 € de plus qu’un barème indexé à 2 %. Entre 2026 et 2027, l’impôt monterait de 8,6 % pour un revenu qui n’a progressé que de 2 %.
| Revenu imposable 2026 | Impôt 2026 | 2027, indexé | 2027, gelé | Coût du gel | Hausse d’impôt à barème gelé |
|---|---|---|---|---|---|
| SMIC, 15 728 € | 454 € | 463 € | 489 € | + 26 € | + 7,7 % |
| 25 000 € | 1 474 € | 1 503 € | 1 529 € | + 26 € | + 3,7 % |
| 40 000 € | 5 104 € | 5 206 € | 5 344 € | + 138 € | + 4,7 % |
| 60 000 € | 11 104 € | 11 326 € | 11 464 € | + 138 € | + 3,2 % |
| 100 000 € | 24 801 € | 25 296 € | 25 621 € | + 325 € | + 3,3 % |
Revenus 2027 relevés de 2 %, comme les prix. Hors décote, hors réductions et crédits d’impôt, hors prélèvement à la source, qui ne change pas l’impôt dû, seulement le moment où il est payé.
Le barème est progressif : chaque tranche de revenu est taxée à son propre taux, et seule la part du revenu qui dépasse un seuil est taxée au taux d’au-dessus. Quand les prix montent de 2,0 % et qu’un salaire suit, ce salaire n’achète pas davantage. Mais s’il franchit un seuil resté fixe, une part plus grande de ce salaire tombe dans la tranche supérieure. L’impôt monte alors plus vite que le revenu, sans qu’aucun taux ait été voté.
Prenez 30 000 € de revenu imposable en 2026, soit 421 € au-dessus du seuil de la tranche à 30 %. L’an prochain, ce revenu vaut 30 600 €. Si le seuil suit, la part taxée à 30 % grandit dans la même proportion, et l’impôt aussi : 2 146 €, soit exactement 2,0 % de plus. Si le seuil est gelé, toute l’augmentation de salaire tombe dans la tranche à 30 % : 2 284 €, soit 8,6 % de plus qu’en 2026.
C’est pour cela que l’indexation est reconduite presque chaque année, à droite comme à gauche : ne pas la voter revient à voter une hausse d’impôt générale, sans le dire, et qui pèse proportionnellement plus sur les revenus proches d’un seuil. Le gel a été pratiqué en 2012 et 2013, sur les revenus de 2011 et 2012, au nom du redressement des comptes. Il n’a pas été renouvelé depuis.
Il existe une seconde façon de geler le barème, involontaire celle-là. Quand la loi de finances n’est pas promulguée au 1er janvier, une loi spéciale reconduit les règles de l’année précédente. Le barème reste donc celui de l’année d’avant tant que le vote n’a pas eu lieu, et le taux de prélèvement à la source est calculé sur cette base. Le rattrapage se fait ensuite, une fois la loi votée. C’est ce qui s’est passé début 2026, et le calendrier du chapitre suivant dit à quelles conditions cela peut se reproduire.