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Ligne par Ligne · retraitesDossier à thèse · la répartition ne peut plus tenir seule

Retraites, chapitre 3Le passé : ce que la France a déjà essayé

La France a commencé par la capitalisation, en 1910 et en 1930, et l’inflation de deux guerres a ruiné les réserves. Le choix de 1945 a été un succès tant que la population active croissait. Puis trente ans de réformes ont réglé les paramètres sans toucher au modèle.

17 min de lecture · révisé le 3 septembre 2026

Avant 1945

La capitalisation ruinée par l’inflation

La France n’a pas choisi la répartition en 1945 par doctrine. Elle y est arrivée après trente ans de capitalisation obligatoire dont l’inflation de deux guerres avait dissous les réserves.

La loi du 5 avril 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes crée le premier régime national obligatoire. Son principe est la capitalisation : chaque cotisation, 9 francs par an pour un homme, 6 francs pour une femme, est inscrite sur un compte individuel, placée, et convertie en rente à 65 ans, l’État ajoutant 60 francs par an, portés à 100 francs en 1912, soit environ 5 % du salaire annuel d’un ouvrier. L’affiliation est obligatoire sous 3 000 francs de salaire. Soixante-cinq ans, quand l’espérance de vie à la naissance est de 49 ans pour les hommes et 52 pour les femmes : la CGT parle d’une « retraite pour les morts », et l’âge est abaissé à 60 ans dès 1912. Le coup fatal vient d’ailleurs. Dès 1911, un arrêt de la Cour de cassation vide de fait l’obligation de cotiser, et en 1923, seuls 21 % des inscrits comme assurés obligatoires cotisent encore.

Les lois du 5 avril 1928 et du 30 avril 1930 sur les assurances sociales reprennent l’idée et la généralisent. Tous les salariés sous un plafond, 12 000 francs pour un célibataire en 1930, versent 4 % de leur salaire, leur employeur 4 %, et ces cotisations alimentent des réserves qui doivent, par capitalisation, servir une pension à 60 ans après 5 ans d’affiliation. Le régime entre en vigueur en juillet 1930, les premières pensions sont servies en 1935, et le Trésor doit déjà intervenir : les cotisations ne suffisent pas aux pensions, pourtant faibles.

guerreguerre× 1× 2× 5× 10× 20× 50× 100× 200niveau des prix, base 1 en 1914, échelle logarithmique191019201930194019501910 · Retraites ouvrières et paysannescapitalisation1930 · Assurances socialescapitalisation1941 · AVTSrépartition1945 · Sécurité socialerépartition1914 : prix × 1 par rapport à 19141918 : prix × 1,75 par rapport à 19141920 : prix × 3,25 par rapport à 19141921 : prix × 3 par rapport à 19141926 : prix × 5 par rapport à 19141938 : prix × 6,25 par rapport à 19141944 : prix × 17 par rapport à 19141945 : prix × 25 par rapport à 19141948 : prix × 91 par rapport à 19141949 : prix × 103 par rapport à 1914× 3,25× 6,25× 103
Indice général des prix à la consommation, moyennes annuelles, base 1 en 1914, d’après le convertisseur franc-euro de l’Insee. Les points sont ceux relevés sur l’outil ; entre deux points, le tracé est une interpolation. Les périodes 1914 à 1918 et 1939 à 1949 sont reconstituées par l’Insee, qui donne à l’outil une valeur indicative. L’échelle est logarithmique : une même hauteur correspond à une même multiplication. Chaque loi est posée à sa date, avec le modèle qu’elle retient.

Ce que le graphique montre, c’est le sol qui se dérobe sous ces réserves. Placées pour l’essentiel en rentes d’État, c’est-à-dire en francs nominaux, elles ne valent que ce que vaut le franc. Or les prix ont été multipliés par 3,25 entre 1914 et 1920, par 6,25 entre 1914 et 1938, puis par 16,44 entre 1938 et 1949 : au total, par près de 103 en trente-cinq ans, avec une hausse annuelle qui culmine à 65,1 % en 1946. Un franc mis de côté en 1938 et servi en 1949 n’achète plus que 6 % de ce qu’il achetait ; un franc de 1914, moins de 1 %. Le régime lui-même le mesure à sa façon : son plafond de salaire, 18 000 francs en 1938, est porté à 264 000 francs en 1949, soit × 15. Le COR résume : les difficultés de 1910 et de 1930 « montrent la fragilité de ce système, trop dépendant des variations des prix et de la valeur de la monnaie ».

La bascule se fait sans débat, sous Vichy. La loi du 14 mars 1941 crée l’allocation aux vieux travailleurs salariés, 3 600 francs par an aux plus de 65 ans sans ressources, et la finance en affectant les cotisations de l’année aux pensions de la même année : ce qui reste des réserves de 1930 sert à payer tout de suite. La répartition française naît là, d’une nécessité, pas d’une doctrine. Les ordonnances de 1945 la garderont parce qu’il n’y a plus rien à capitaliser.

1945 à 1982

Le choix de 1945

Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 fondent le régime général sur la répartition. Le choix a réussi pendant trente ans pour une raison qu’on oublie : le rendement qu’il servait était celui de la croissance, et la croissance était de 5,4 % par an.

L’ordonnance du 4 octobre 1945 organise la Sécurité sociale, celle du 19 octobre fixe le régime des assurances sociales, dont la vieillesse. Le plan porte le nom de Pierre Laroque, le haut fonctionnaire qui le dirige. Le principe de la répartition y est adopté : les cotisations, portées à 16 % du salaire (6 % pour le salarié, 10 % pour l’employeur), payent les pensions de l’année, et la pension vaut 20 % du salaire à 65 ans après 30 ans d’assurance. Les régimes spéciaux sont maintenus par décret en juin 1946. Le système se complète ensuite par couches. Les cadres ont leur régime complémentaire par points dès 1947, l’Agirc. La loi Boulin du 31 décembre 1971 porte le taux plein à 50 % pour 37,5 ans, calculé sur les 10 meilleures années. La loi du 29 décembre 1972 rend la complémentaire obligatoire pour tous les salariés. L’ordonnance du 26 mars 1982 fixe la retraite à taux plein à 60 ans avec 150 trimestres. Chaque étape élargit la promesse ; aucune ne pose la question du financement, parce qu’elle ne se pose pas encore.

Pourquoi cela tient-il ? Un régime en répartition sert à ceux qui en sortent ce que versent ceux qui y sont. Son rendement implicite, c’est-à-dire ce que rapporte un franc cotisé lorsque la génération suivante le rembourse, est la croissance de la masse salariale : le nombre de cotisants multiplié par leur salaire moyen. Cette grandeur n’est pas publiée par décennie sur longue période ; la croissance du produit intérieur brut, qui lui est proche, l’est. Elle atteint 4,8 % par an dans les années 1950 et 5,9 % dans les années 1960, 5,4 % sur l’ensemble des Trente Glorieuses. Le rapport démographique donne l’autre moitié : 4,69 cotisants par retraité en 1960 selon la série ancienne, 4,3 au régime général en 1965, une série que le chapitre 2 suit jusqu’en 2070. Avec plus de quatre actifs pour un retraité et des salaires réels qui montent chaque année, il suffit de prélever peu pour servir beaucoup, et la première génération touche une pension sans avoir cotisé une carrière : c’est le cadeau d’entrée de la répartition, qu’on ne fait qu’une fois.

Deux économistes ont donné à ce mécanisme sa forme exacte. Paul Samuelson montre en 1958 qu’un transfert des actifs vers les retraités rapporte, à chaque génération, le taux de croissance de la population, qu’il appelle « taux d’intérêt biologique ». Henry Aaron en tire en 1966 la règle qui porte son nom : la répartition rapporte plus que la capitalisation si, et seulement si, la croissance de la population additionnée à celle des salaires réels dépasse le rendement réel du capital ; sinon, c’est la capitalisation qui l’emporte. Ni l’une ni l’autre n’est bonne en soi. Laquelle l’emporte dépend de l’époque, et en 1960, avec une masse salariale qui croît de 5 à 6 % par an, la répartition était sans discussion le meilleur placement disponible.

1993 à 2025

Trente ans de réformes

8 textes en 32 ans, une frise que chaque gouvernement a prolongée. Pour chacun, le levier actionné et ce qu’il a laissé intact. Le second point est toujours le même.

Le retournement date des années 1980. La croissance tombe à 2,4 % par an dans la décennie, le nombre de cotisants par retraité passe de 2,79 en 1980 à 2,1 en 1990, et le rendement implicite de la répartition passe sous celui du capital. À partir de là, chaque réforme fait la même chose : elle règle l’un des paramètres de l’équation du chapitre 1, l’âge de départ, la durée exigée, le calcul de la pension ou son indexation, pour rétablir un équilibre annoncé pour dix ou vingt ans. La suivante arrive avant l’échéance. Aucune ne discute le financement lui-même.

  1. appliquée
    • durée
    • calcul
    • indexation

    Réforme Balladur · loi n° 93-936 du 22 juillet 1993 et décret n° 93-1022 du 27 août 1993 (nouvel onglet)

    Régime général et régimes alignés : durée d’assurance portée de 150 à 160 trimestres, un par génération de 1934 à 1943 ; salaire de référence calculé sur les 25 meilleures années au lieu des 10 ; pensions indexées sur les prix et non plus sur les salaires. Le Fonds de solidarité vieillesse est créé.

    Ce qu’elle n’a pas touché. L’âge de 60 ans, la fonction publique et les régimes spéciaux. L’indexation sur les prix est le levier le plus silencieux de la liste : elle fait reculer les pensions par rapport aux salaires chaque année où ceux-ci montent plus vite que les prix.

  2. retirée
    • durée

    Plan Juppé · déclaration de politique générale du 15 novembre 1995, volet retraites retiré le 15 décembre 1995 (nouvel onglet)

    Alignement annoncé de la fonction publique et des régimes spéciaux sur les 40 annuités du privé. Trois semaines de grèves plus tard, le volet retraites est retiré.

    Ce qu’elle n’a pas touché. Tout, puisqu’il a été retiré. Il en reste les lois de financement de la sécurité sociale, créées par la révision constitutionnelle du 22 février 1996 : c’est par elles que passera la suspension de 2025.

  3. appliquée
    • durée
    • calcul
    • indexation

    Réforme Fillon · loi n° 2003-775 du 21 août 2003 (nouvel onglet)

    Fonction publique alignée sur 40 ans en 2008, puis 41 ans pour tous en 2012, au rythme des gains d’espérance de vie. Décote et surcote, départ anticipé pour carrière longue, indexation sur les prix étendue à la fonction publique. Création du PERP, du PERCO et du régime additionnel des fonctionnaires, capitalisé.

    Ce qu’elle n’a pas touché. L’âge légal, toujours 60 ans. La capitalisation qu’elle introduit est facultative et individuelle, en marge du système obligatoire.

  4. appliquée
    • âge

    Réforme Woerth · loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 (nouvel onglet)

    Âge légal de 60 à 62 ans, quatre mois par génération, et âge du taux plein automatique de 65 à 67 ans. Le Fonds de réserve pour les retraites cesse d’être alimenté et doit verser chaque année à la Caisse d’amortissement de la dette sociale.

    Ce qu’elle n’a pas touché. La durée, déjà en marche, et le modèle. Première réforme de l’âge depuis 1982, elle prélève sur le seul fonds capitalisé collectif que le pays avait constitué.

  5. appliquée
    • durée
    • indexation

    Réforme Touraine · loi n° 2014-40 du 20 janvier 2014 (nouvel onglet)

    Durée portée à 172 trimestres, soit 43 ans, un trimestre toutes les trois générations, de la génération 1958 à la génération 1973. Revalorisation des pensions reportée au 1er octobre. Compte personnel de prévention de la pénibilité.

    Ce qu’elle n’a pas touché. L’âge légal, laissé à 62 ans, et le modèle.

  6. abandonnée
    • calcul
    • modèle

    Système universel par points · projets de loi déposés le 24 janvier 2020, article 49, alinéa 3 le 29 février 2020, examen interrompu (nouvel onglet)

    Fusion des régimes dans un système unique où chaque euro cotisé donne les mêmes points à tous, avec un âge d’équilibre. Adoptée en première lecture à l’Assemblée en mars 2020, la réforme est interrompue par la crise sanitaire puis abandonnée.

    Ce qu’elle n’a pas touché. Le financement : le système par points restait en répartition. Seule réforme de la liste qui touchait à l’architecture, et seule qui n’a pas abouti.

  7. appliquée
    • âge
    • durée

    Réforme de 2023 · loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 de financement rectificative de la sécurité sociale (nouvel onglet)

    Âge légal de 62 à 64 ans, trois mois par génération jusqu’à la génération 1968 ; 172 trimestres dès la génération 1965, sept ans plus tôt que prévu en 2014 ; principaux régimes spéciaux fermés aux nouveaux embauchés ; minimum de pension relevé.

    Ce qu’elle n’a pas touché. Le modèle. Adoptée par une loi de financement rectificative, sans vote de l’Assemblée sur le texte, elle reste une réforme des paramètres.

  8. en vigueur, suspend la précédente
    • âge
    • durée

    Suspension de 2025 · loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 105 (nouvel onglet)

    Pour les pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026, la génération 1964 et les nés de janvier à mars 1965 restent à 62 ans et 9 mois et 170 trimestres. La montée reprend ensuite avec un trimestre de décalage : 64 ans pour la génération 1969, 172 trimestres pour la génération 1966.

    Ce qu’elle n’a pas touché. La cible de 2023, atteinte un an plus tard. La loi raisonne par génération, pas par date : « jusqu’au 1er janvier 2028 » est une formule politique, pas le texte. Le modèle n’est pas plus discuté qu’en 1993.

La frise se lit en colonne. Celle des leviers ne connaît que quatre mots, âge, durée, calcul, indexation, et le cinquième, modèle, n’apparaît que sur la seule réforme qui n’a pas abouti. L’indexation sur les prix, décidée en 1993 et étendue en 2003, est le levier le plus puissant et le moins visible : depuis, chaque année où les salaires progressent plus vite que les prix, la pension moyenne recule par rapport au salaire moyen sans qu’aucun vote ait eu lieu. C’est ce recul, de 54,6 % du revenu d’activité moyen aujourd’hui à 45,3 % en 2070, que le chapitre 2 décrit, et que la suspension de 2025 ne modifie pas : elle coûte 1,8 Md€ par an jusqu’en 2032 selon la Drees, et décale la cible d’une génération.

Les leçons

Ce que le passé enseigne

Un siècle d’histoire ne dit pas que la capitalisation échoue ni que la répartition réussit. Il dit que chacune rapporte ce que son époque lui donne, et que l’époque a changé de camp autour de 1980.

0 %1 %2 %3 %4 %5 %6 %7 %par an, en termes réelsannées 1950 : croissance réelle du PIB de 4,8 % par an4,8 %1950années 1960 : croissance réelle du PIB de 5,9 % par an5,9 %1960années 1970 : croissance réelle du PIB de 4,1 % par an4,1 %1970années 1980 : croissance réelle du PIB de 2,4 % par an2,4 %1980années 1990 : croissance réelle du PIB de 2,1 % par an2,1 %1990années 2000 : croissance réelle du PIB de 1,5 % par an1,5 %2000années 2010 : croissance réelle du PIB de 1,4 % par an1,4 %20102020 à 2025 : croissance réelle du PIB de 0,9 % par an0,9 %2020 à 2025actions françaises, 1950 à 2015 : 6,4 %actions mondiales, 1900 à 2024 : 5,2 %obligations françaises, 1950 à 2015 : 3,0 %
Barres : croissance réelle du PIB français par décennie, moyenne géométrique des taux annuels des comptes nationaux (Insee), dernière barre de 2020 à 2025. C’est l’approximation du rendement implicite de la répartition, la croissance de la masse salariale réelle, que l’Insee ne publie pas par décennie sur cette période. Lignes : rendements réels moyens de long terme, et non par décennie, parce que les rendements français par décennie ne sont pas publiés dans une source accessible. Traits pleins : France, 1950 à 2015, d’après Jordà, Knoll, Kuvshinov, Schularick et Taylor. Tirets : actions mondiales, 1900 à 2024, d’après le Global Investment Returns Yearbook d’UBS.

Les barres sont la croissance réelle du PIB par décennie, mesurée par l’Insee, qui approche le rendement implicite de la répartition. Les lignes sont des moyennes de long terme, faute de rendements français publiés par décennie : 6,4 % par an pour les actions françaises et 3,0 % pour les obligations de 1950 à 2015 selon Jordà et ses coauteurs, 5,2 % pour les actions mondiales de 1900 à 2024 selon le Yearbook d’UBS. Sur les deux premières décennies, la croissance dépasse le rendement des obligations de près de 1,8 % et rejoint celui des actions : la répartition a bien été le meilleur placement des Trente Glorieuses, et le moins risqué. Depuis les années 1980, elle est passée sous les trois lignes, et l’écart s’est creusé : 0,9 % de croissance par an depuis 2008, quand les actions françaises ont rapporté 11,1 % par an de 1980 à 2015 et les obligations 6,9 %.

La première leçon porte sur ce qui a ruiné la capitalisation d’avant 1945. Ce n’est pas le principe de mettre de côté, c’est le placement : des réserves en rentes d’État, dans une monnaie que deux guerres ont divisée par cent. Les seize économies suivies depuis 1870 par Jordà et ses coauteurs donnent la mesure du cas : le rendement réel de la richesse y a été de 6,0 % par an en moyenne contre 3,1 % de croissance, et les deux seules décennies où le capital a rapporté moins que la croissance sont celles des guerres mondiales. Or la guerre et l’inflation frappent aussi la répartition : elle a été instaurée en 1941 parce que les réserves n’étaient plus là, et une masse salariale qui s’effondre ne paie pas de pensions. Ce que le placement en rentes n’amortissait pas, un portefeuille diversifié en actions et en actifs réels l’amortit en partie : c’est la différence entre 1930 et aujourd’hui, et c’est l’objet du chapitre 4.

La seconde leçon est que la France a essayé la capitalisation collective une fois de plus, en 1999, et l’a consommée. Le Fonds de réserve pour les retraites devait atteindre mille milliards de francs en 2020, environ 150 Md€, pour lisser la bosse démographique de 2020 à 2040. Il a reçu 32 Md€ en tout ; la réforme de 2010 a coupé son alimentation et lui a imposé un versement annuel à la dette sociale ; il pèse 20,7 Md€ fin 2025, après avoir tout de même rapporté 4,4 % par an depuis 2010. Une réserve qui n’est pas sanctuarisée sert à boucher le trou le plus proche.

Reste la condition d’Aaron, qui ne s’est pas retournée par accident. La croissance de la masse salariale additionne celle de l’emploi et celle du salaire réel : la première devient négative, 28,9 millions de cotisants en 2070 contre 30,6 millions aujourd’hui, et la seconde vaut 0,7 % par an dans le scénario de référence du COR. En face, ce dossier retient 4 % de rendement réel pour un portefeuille diversifié, prudent au regard des séries longues. Trente ans de réformes ont réglé l’âge, la durée, le calcul et l’indexation ; aucune n’a posé la question que l’histoire pose : quel rendement le système sert-il, et à qui. C’est celle du chapitre 4, et celle que le chapitre 6 tranche.

Sources

D’où viennent les chiffres

Sources arrêtées au 4 septembre 2026.