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Ligne par Ligne · présidentielle 2027Les Écologistes · Marine Tondelier

La mesure tient. C’est la facture qui ne tient pas.

Ce dossier ne se termine pas comme les autres. Sur la plupart des programmes, la mesure d’affiche promet plus qu’elle ne peut produire. Ici, non. Les 15 Md€ annoncés sur les plus grandes transmissions sont calibrés sur une note du Conseil d’analyse économique, et près des deux tiers du montant s’appuient sur des évaluations publiques existantes. Nous n’avons pas trouvé d’erreur d’arithmétique dans le numérateur.

Le problème est de l’autre côté de la division. La transition écologique coûte entre 25 Md€ et 52 Md€ de dépenses publiques supplémentaires par an en 2030, et elle érode en même temps la recette qui la finance aujourd’hui. Le paquet couvre donc entre 28,8 % et 60,0 % du besoin. Le reste retombe sur la seule assiette assez large pour le porter, et c’est la plus régressive du système fiscal français.

Recettes revendiquées par an
15 Md€Réforme de la fiscalité successorale annoncée le 26 août 2026. 52,0 % du montant sont repris tels quels de chiffrages institutionnels publiés
La facture publique du climat en 2030
25 à 52 Md€Supplément annuel de dépenses publiques induit par la transition, selon France Stratégie puis I4CE
Qui porte la fiscalité de l’énergie
3,9 % contre 1,1 %Part du revenu consacrée aux taxes sur l’énergie par les 20 % les plus modestes, puis par les 20 % les plus aisés (Cour des comptes)

L’essentiel

20 min de lecture · sources arrêtées au 28 août 2026

Les deux seuils du paquet sont ceux d’une note du Conseil d’analyse économique, et 52,0 % du total annoncé se retrouvent dans un chiffrage institutionnel publié. Ce paquet couvre 28,8 % à 60,0 % du besoin qu’il désigne, et le solde retombe sur la fiscalité de l’énergie, qui prend 3,9 % du revenu aux 20 % les plus modestes contre 1,1 % aux 20 % les plus aisés.

  1. 15 sur 15 Md€Le paquet successions revendiqué se retrouve intégralement une fois reconstitué mesure par mesure, et 52,0 % du total sont repris tels quels d’un chiffrage institutionnel publié. Nous avons cherché l’erreur d’arithmétique dans le numérateur, nous ne l’avons pas trouvée.
  2. +71,8 %C’est ce que le paquet ajouterait au rendement des droits de mutation, 20,9 Md€ en 2024. Il porte sur un impôt dont le taux effectif au sommet est de 10 % quand le barème en affiche 45 %.
  3. 28,8 % à 60,0 %C’est la part du besoin que ce paquet couvre : la transition demande entre 25 et 52 Md€ de dépenses publiques supplémentaires par an en 2030 selon le chiffrage retenu. Le problème n’est pas la recette, c’est le dénominateur.
  4. 35 Md€Le second terme de la facture, presque jamais cité : les accises sur les énergies fossiles rapportaient cela en 2021, sur une consommation que la transition a précisément pour objet de faire disparaître. L’Inspection générale des finances chiffre ce seul risque à 13 points de PIB de dette publique en 2050.
  5. 3,9 % contre 1,1 %Le solde retombe sur la seule assiette assez large pour le porter, la fiscalité de l’énergie et ses 60 Md€. Voici la part du revenu qu’elle prend aux 20 % les plus modestes, puis aux 20 % les plus aisés. Ces deux parts sont celles que mesure la Cour des comptes.
  6. 8 % contre 34 %Le taux moyen d’imposition des transmissions sous pacte Dutreil, face au régime de droit commun. Sur ce point, l’évaluation de la Cour des comptes établit ce que le programme affirme, et 65,0 % de la dépense fiscale se concentrent sur le dernier centile. Ce chiffre joue contre notre thèse générale, il est conservé.
Le dossier

Trois chapitres, 20 minutes

Le dossier suit la même trame que les autres analyses de la série, et c’est ce qui les rend comparables : ce que le programme propose, sur qui cela retombe, ce que l’analyse ne démontre pas. Chaque chapitre se lit indépendamment.

  1. Chapitre 16 min

    Le programme et le partage

    Le programme dans ses propres mots, le statut exact d’une candidature que l’abandon de la primaire unitaire a laissée en suspens, puis la reconstitution ligne par ligne des recettes annoncées. Sur ce dossier, elles se retrouvent.

  2. Chapitre 25 min

    Qui paie, sur quelle assiette

    La transition a deux factures et non une : le supplément de dépenses publiques qu’elle appelle, et la recette qu’elle détruit en réussissant. Puis l’assiette sur laquelle le solde retombe, et ce qu’elle prend à chacun.

  3. Chapitre 39 min

    Objections, contradictoire et sources

    Ce que les comportements font aux rendements annoncés, l’évaluation de la Cour des comptes qui donne raison au programme sur le pacte Dutreil, ce que cette analyse ne démontre pas, et les sources.