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Ligne par Ligne · présidentielle 2027Les Républicains · Bruno Retailleau

Le plan d’économies existe. Mais à 66 %, ce n’est pas le gaspillage qui paie.

La critique habituelle est mauvaise. On reproche souvent à ce type de programme de vouloir couper à l’aveugle. C’est faux : les lignes existent, elles sont datées, et plusieurs sont chiffrées par le candidat lui-même. Assurance chômage, compte social unique, temps de travail des agents publics, non-remplacements. Le tableur est là.

Le problème est ailleurs, et il est le miroir exact de celui du programme de La France insoumise : l’affiche et le tableur ne parlent pas de la même population. L’affiche dit « gaspillage, fraude, immigration, doublons ». Le tableur, lui, porte sur les chômeurs indemnisés, les allocataires de minima sociaux, les retraités et les agents publics. Cette page reconstitue le partage, ligne par ligne.

Économies annoncées par an
120 Md€Chiffre revendiqué par le candidat, à l’horizon 2032, « uniquement par la baisse des dépenses »
Le gisement mis en avant
22,6 Md€Fraude, immigration, doublons, aide au développement, en hypothèses hautes. Soit 18,9 % du plan
De baisses de prélèvements
40 Md€Promises dès 2027 et garanties cinq ans. Elles se financent sur les économies avant que celles-ci ne touchent le déficit

L’essentiel

23 min de lecture · sources arrêtées au 28 août 2026

Le plan est daté et plusieurs de ses lignes portent un montant publié par le candidat. Dans la partie du plan qui porte une ligne, les quatre catégories de l’affiche pèsent 33,7 % : le reste porte sur l’assurance chômage, les minima sociaux, l’âge de la retraite et la masse salariale publique.

  1. 22,6 sur 120 Md€Fraude sociale intégralement éradiquée, immigration retenue au chiffrage le plus élevé publié, aide au développement, doublons administratifs : les quatre catégories de l’affiche, retenues en bornes hautes, pèsent cela. Dans la partie du plan qui porte une ligne, elles en font 33,7 %.
  2. 80 contre 126 Md€Les économies financent d’abord 40 Md€ de baisses de prélèvements garanties cinq ans. La contribution nette au redressement tombe donc à 80 Md€, quand la mission indépendante de juillet 2026 chiffre à 126 Md€ l’ajustement nécessaire pour seulement stabiliser le poids de la dette.
  3. 5 000 € par anC’est ce que représentent les 13 Md€ annoncés sur l’assurance chômage, divisés par les 2,6 millions d’allocataires effectivement indemnisés. Soit 39,8 % d’une indemnisation moyenne de 1 048 € net par mois.
  4. 57,1 %Une fois retirées la défense et la sécurité, que le candidat annonce renforcer, et la charge d’intérêts, qui ne se vote pas, c’est la part que la protection sociale et la santé représentent dans la dépense. Un plan de 120 Md€ y prend l’essentiel de sa matière, quel que soit le vocabulaire employé.
  5. 21,6 %Sur les agences de l’État, le gouvernement annonçait 2 à 3 Md€ d’économies. La commission d’enquête du Sénat a vérifié, et la proposition de loi déposée par le propre parti du candidat n’en chiffre que 0,5 Md€. C’est le seul test grandeur nature disponible.
Le dossier

Trois chapitres, 23 minutes

Le dossier suit la même trame que les autres analyses de la série, et c’est ce qui les rend comparables : ce que le programme propose, sur qui cela retombe, ce que l’analyse ne démontre pas. Chaque chapitre se lit indépendamment.

  1. Chapitre 19 min

    Le programme et le partage

    Le programme dans ses propres mots, annonce par annonce, puis ce que pèsent réellement les quatre catégories que la campagne met en avant. Et la soustraction que personne ne fait en public : les baisses de prélèvements promises en parallèle.

  2. Chapitre 26 min

    Qui paie, sur quelle assiette

    Ce que les économies chiffrées représentent par allocataire indemnisé et par agent public, la carte de la dépense où il faut bien aller les chercher, et ce que donnerait la suppression intégrale de tout ce que le candidat ne préserve pas.

  3. Chapitre 38 min

    Objections, contradictoire et sources

    Ce que devient une économie annoncée une fois vérifiée par le Sénat, les effets que le calcul à comportement constant laisse de côté, ce que cette analyse ne démontre pas, et les sources.