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Ligne par Ligne · annexeRecord absolu depuis 1985. L’accise, elle, est gelée depuis 2018.

Le gazole bat son record, la taxe n’a pas bougé

Sur un litre de gazole à 2,29 €, l’impôt prend 0,99 €, soit 43 % du prix payé, et 48 % sur un litre de sans-plomb. C’est lourd, et c’est pourtant 11 points de moins qu’il y a un an. Une accise forfaitaire ne suit pas le prix : quand le produit renchérit, elle reste au même montant et sa part se dilue. Le prix a battu son record de tous les relevés, à 2,31 € le litre, sans qu’aucun tarif ait été voté. Ce qui a bougé est ailleurs, et cette page va le chercher poste par poste.

De quoi parle-t-on ?

Un prix de carburant ne contient que deux lignes fiscales. La première est l’accise sur les énergies, un montant fixe par litre, 60,75 centimes sur le gazole : c’est ce que tout le monde appelle encore la TICPE, nom qu’aucun texte ne porte plus depuis la recodification de 2022. La seconde est la TVA, qui s’applique au prix accise comprise, donc qui taxe aussi l’accise. Tout le reste de ce qu’on entend citer, certificats d’économies d’énergie, biocarburants, stocks stratégiques, n’est pas un impôt : ce sont des coûts réglementaires répercutés, logés dans la marge de distribution, et personne ne les publie séparément. Les prix de cette page sont ceux du relevé hebdomadaire de l’administration, une moyenne nationale du vendredi, et non le relevé quotidien des stations, plus réactif et plus haut : au 20 septembre, douze centimes séparaient les deux.

La composition

Ce qu’il y a dans un litre

Quatre postes, dont deux seulement sont des impôts. La barre se lit de gauche à droite dans l’ordre où le prix se forme : le produit sort d’une raffinerie, il est acheminé, puis l’État prend deux fois.

Prix moyens nationaux du 11 septembre 2026, en centimes d’euro par litre. Le SP95-E5 n’a pas de décomposition du hors taxes publiée : sa barre montre le hors taxes en un bloc. Les deux premières couches somment au hors taxes à un dixième de centime près, l’administration arrondissant sa ventilation.Source : DGEC, note hebdomadaire sur les prix des produits pétroliers du 11 septembre 2026 (nouvel onglet).

L’accise est un montant fixe par litre, et c’est la clé de tout le reste de cette page. Elle ne connaît ni le prix du baril, ni le cours du dollar, ni la marge du raffineur : elle vaut 60,8 centimes sur un litre de gazole qu’il se vende un euro ou trois. Une hausse du produit ne la fait pas monter, et sa part dans le prix payé baisse mécaniquement.

La TVA fait exactement l’inverse : elle est proportionnelle, elle suit donc le prix. C’est pour cette raison que le total des deux, 98,9 centimes sur le gazole, a tout de même augmenté en euros cette année alors même que sa part reculait. Confondre les deux mouvements est l’erreur la plus courante du sujet, et elle se fait dans les deux sens : « les taxes ont augmenté » est vrai en euros et faux en part, « l’État se gave » suppose un choix fiscal là où il n’y a qu’un taux appliqué à un prix qui monte.

La TVA s’applique aussi à l’accise

Sur un litre de gazole, la TVA prend 38,2 centimes. De ce montant, 12,2 centimes ne portent pas sur le carburant mais sur l’accise qui le frappe déjà. Le mécanisme n’a rien d’irrégulier : le 1° du I de l’article 267 du code général des impôts fait entrer dans l’assiette de la TVA tous les impôts et taxes à la seule exception d’elle-même, et la doctrine administrative le répète sans ambiguïté. Il vaut pour le tabac, pour l’alcool et pour l’électricité.

Ce qu’il faut en retenir n’est donc pas le scandale, mais l’automatisme. La TVA étant proportionnelle, la recette de l’État monte de 20 centimes chaque fois que le prix hors taxes monte d’un euro, sans qu’aucun taux ne soit voté ni annoncé. C’est la seule ligne du prix qui profite mécaniquement à la puissance publique quand le marché se tend, et c’est ce qui explique que les demandes de baisse ciblent la TVA plutôt que l’accise, alors que l’accise pèse deux fois plus lourd.

Sources : art. 267 du CGI (nouvel onglet) et BOI-TVA-BASE-10-10-20 (nouvel onglet).

Le coût de votre plein

Aux prix du relevé, et pour le volume que vous mettez réellement dans le réservoir.

Carburant

2,29 € le litre

50 L
10 L90 L
Vous payez114,54 €
  • Le produit et son acheminement65,08 €
  • Accise sur les énergies30,38 €
  • TVA19,09 €
Dont impôts, 43 % du total49,47 €

Dans cette somme, 6,08 € sont de la TVA prélevée sur l’accise, et non sur le carburant. Sur l’ensemble du produit de l’accise, un peu moins de la moitié reste à l’État : 12 Md€ des 31,4 Md€ collectés vont aux départements et aux régions, en compensation de compétences transférées.

La hausse

68 centimes de plus en un an, et d’où ils viennent

Trois explications circulent, et elles ne répondent pas à la même question. L’une explique un niveau, l’autre une part du prix, la troisième le mouvement. Les confondre est ce qui rend le débat insoluble.

+68 centimesHausse du prix payé
+57 centimesdont produit hors taxes
+11 centimesdont impôts

Gazole, moyennes nationales hebdomadaires, de septembre 2025 à septembre 2026. L’accise étant identique aux deux dates, la totalité de la hausse d’impôt est de la TVA, c’est-à-dire la conséquence de la hausse du produit et non sa cause.

01

L’euro ne protège plus

Explique pourquoi 2026 fait plus mal que 2008, pas pourquoi les prix ont monté cette année.

Le pétrole s’achète en dollars et se paie en euros. En 2008, l’euro valait 1,47 $ en moyenne, et jusqu’à 1,60 $ le 15 juillet : la monnaie amortissait le choc. Il en vaut 1,16 $ en moyenne cette année, et 1,15 $ au dernier relevé. D’une moyenne annuelle à l’autre, ce seul déplacement renchérit la facture du produit importé de 26,6 % par rapport à 2008, à baril inchangé.

D’où le piège central du sujet. En dollars, le baril de septembre 2026 reste très loin du plus haut de juillet 2008. En euros, il est au même niveau, avec un baril nominal inférieur de plus d’un quart. Toute comparaison de deux chocs pétroliers faite en dollars est fausse pour qui paie en euros.

Ce facteur ne dit en revanche rien de la hausse de l’année écoulée : l’euro s’est légèrement apprécié entre 2025 et 2026. Il explique un niveau, pas un mouvement, et les deux se confondent souvent dans le même paragraphe.

Le baril de Brenten dollarsen euros
Moyenne 200898,09 $65,8 €
Juillet 2008, moyenne du mois134,30 $85,1 €
11 juillet 2008, plus haut historiqueconversion faite par nous147,02 $92,8 €
Mars 2022, guerre en Ukrainenon publié106,4 €
Septembre 2025non publié57,4 €
Semaine du 11 septembre 2026108,66 $93,5 €
Deux lignes n’ont pas de valeur en dollars : pour celles-là, l’Insee publie la série convertie en euros et non la série en dollars du même millésime. La remplir par division aurait produit un nombre que personne n’a publié.Sources : Insee, séries du cours du Brent en dollars et en euros ; DGEC pour la semaine en cours ; Banque centrale européenne, taux de change de référence quotidiens depuis 1999 (nouvel onglet) pour la conversion du plus haut de 2008.
02

Les taxes, qui pèsent lourd et n’ont pas bougé

Explique près de la moitié du prix, et un neuvième seulement de la hausse de l’année.

L’accise sur le gazole vaut 60,75 centimes par litre. Elle valait exactement autant il y a un an, et elle est gelée dans son principe depuis le mouvement de l’automne 2018. Sur les 68 centimes qu’un litre a pris en douze mois, la fiscalité en apporte 11,16 centimes, et ils sont intégralement de la TVA : le taux n’a pas bougé, c’est l’assiette qui a grossi.

La part fiscale du prix payé a donc baissé, de 54,5 % à 43,2 %, soit 11 points en un an. Ce n’est pas un cadeau, c’est l’arithmétique d’un montant fixe rapporté à un prix qui monte. Et c’est le contraire exact de ce qu’on entend : l’année où le carburant bat son record est aussi celle où l’impôt en représente la plus petite part depuis longtemps.

Une seule ligne réglementaire a effectivement augmenté au 1er janvier 2026, celle des certificats d’économies d’énergie. Elle n’est pas un impôt, son ampleur est disputée, et elle a sa propre section plus bas parce qu’elle mérite d’être racontée honnêtement plutôt que citée de travers.

03

Le raffinage, qui explique presque tout

Explique l’essentiel de la hausse, et l’inversion entre gazole et essence.

Le prix hors taxes du gazole a gagné 57 centimes en un an. Ce n’est pas d’abord le pétrole : c’est l’écart entre ce que vaut le produit raffiné et ce que coûte le brut dont on le tire. Quand des raffineries cessent de tourner, cet écart s’ouvre sans qu’aucun baril n’ait renchéri.

La preuve tient en une comparaison. En euros, le baril reste aujourd’hui sous son niveau de mars 2022, au plus fort du choc ukrainien. Le gazole à la pompe, lui, est au-dessus de son record de mars 2022. Le brut ne peut donc pas porter la hausse, et la section suivante montre ce qui la porte.

Le raffinage

Ce n’est pas le pétrole qui manque, ce sont les raffineries

Entre le baril et le réservoir, il y a une usine. Quand ces usines s’arrêtent, le produit raffiné se paie beaucoup plus cher que le brut dont il sort, et cet écart est la seule grandeur du dossier qui ait vraiment changé d’ordre de grandeur.

0100200300€ par tonnemoyenne 2015-2019, 322015 : 46 €/t152016 : 25 €/t162017 : 34 €/t172018 : 28 €/t182019 : 28 €/t192020 : 11 €/t202021 : 14 €/t212022 : 101 €/t222023 : 71 €/t232024 : 44 €/t242025 : 57 €/t252026 : 139 €/t26sept-2026 : 281 €/tsept.281
Moyennes annuelles, sauf les deux dernières colonnes : 2026 ne couvre que huit mois et septembre 2026 est un mois encore provisoire, hachuré pour cette raison. Le précédent plus haut de la série était octobre 2022, à 189 € la tonne.Source : DGEC, historique de la marge brute de raffinage sur Brent depuis 2015, moyennes mensuelles (nouvel onglet).

La marge de raffinage est passée d’une moyenne de 32 € la tonne sur les cinq années qui précèdent la crise énergétique à 281 € la tonne en septembre 2026, soit 8,7 fois cette norme. Elle dépasse de moitié le pic d’octobre 2022, qui tenait jusqu’ici le haut de la série. Rapportée au litre, elle vaut à elle seule 23,6 centimes, c’est-à-dire plus du tiers de ce que coûte le gazole hors taxes.

Mis bout à bout, le renchérissement du baril en euros pèse environ 22,7 centimes par litre sur un an, et l’ouverture de la marge de raffinage environ 18,8 centimes, sur une hausse hors taxes de 56,8 centimes. Les deux couvrent donc environ 73 % du mouvement. C’est un ordre de grandeur et non une comptabilité : un litre de gazole ne se tire pas d’un litre de brut, les rendements d’une raffinerie varient, et la marge de septembre est comparée à la moyenne de 2025 faute de série mensuelle comparable. Le solde tient au fret, à l’incorporation de biocarburants et à ces rendements.

Le meilleur indice reste ailleurs, et il ne demande aucun modèle : hors taxes, le gazole était moins cher que l’essence en 2024 comme en 2025. Il lui est aujourd’hui supérieur de 21,4 centimes, alors que la marge de distribution est la même sur les deux produits à un demi-centime près, 23,9 contre 23,3 centimes. Ce n’est donc pas la pompe qui a changé, ni le puits : c’est la raffinerie.

Pourquoi les capacités manquent

Trois verrous se sont fermés à peu près en même temps. Ce sont des faits de guerre, donc des estimations d’agences plutôt que des statistiques : chacun est donné avec celui qui le compte, et aucun ne doit être lu à la décimale près.

Les raffineries russes

Les traitements russes sont tombés à 3,8 millions de barils par jour en juin 2026, en baisse de 30 % sur un an et au plus bas depuis 2004. Les installations totalement arrêtées ou fortement ralenties représentent environ le quart de la capacité du pays. La Russie a interdit toute exportation de gazole à compter du 8 juillet 2026 pour approvisionner son marché intérieur.

Agence internationale de l’énergie, septembre 2026, et Reuters pour la part de capacité arrêtée

Le Golfe Persique

Depuis le déclenchement du conflit le 28 février 2026, plus de quatre-vingts installations énergétiques ont été attaquées dans la région et plus d’un tiers gravement endommagées. Les exportations de gazole du Golfe sont tombées à 390 000 barils par jour en août, soit le quart du niveau d’avant-guerre.

Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, et Oil Market Report de septembre 2026

Le détroit d’Ormuz

Les flux de produits raffinés par le détroit sont passés de 3,44 millions de barils par jour avant le conflit à 760 000 en août 2026. L’oléoduc saoudien Est-Ouest, unique contournement d’Ormuz, a été frappé par des drones les 10 et 11 septembre 2026 et fermé par précaution : c’est l’épisode qui explique la pointe des dix derniers jours.

Middle East Economic Survey, et agences de presse pour la fermeture de l’oléoduc

S’y ajoute une cause plus ancienne et purement européenne : le parc automobile du continent est diésélisé, alors que ses raffineries, conçues pour l’essence, produisent structurellement trop d’essence et pas assez de gazole. L’Europe exporte l’une et importe l’autre. Un choc sur les importations de produits raffinés frappe donc le gazole de plein fouet et épargne relativement le sans-plomb, ce que les deux courbes de prix hors taxes montrent sans qu’il faille les commenter.

Ce qui n’est pas un impôt

Les certificats d’économies d’énergie, et pourquoi leur coût est introuvable

C’est la seule ligne réglementaire qui ait réellement augmenté au 1er janvier 2026, et c’est aussi celle dont personne ne connaît le montant. Les deux faits sont liés.

L’article L. 221-1 du code de l’énergie (nouvel onglet) oblige ceux qui mettent des carburants à la consommation à financer des économies d’énergie, isolation de combles ou changement de chaudière, ou à acheter des certificats à ceux qui en ont produit. Aucun euro ne va au Trésor : ce n’est pas un impôt, c’est une obligation de faire, assortie d’un marché. Le coût se répercute sur le prix à la pompe, mais il se loge dans la marge de distribution, que l’administration publie en un seul bloc. La Cour des comptes le dit sans détour : ces coûts « les coûts du dispositif, qui sont décomptés dans la marge brute de transport-distribution, sont rarement identifiés ».

Ce qui est certain tient dans le décret du 30 octobre 2025 (nouvel onglet), et ne se discute pas : l’obligation par litre est passée de 8,165 à 11,891 kilowattheures cumulés actualisés, soit +46 %. Le sens de la hausse est donc établi. Son ampleur en centimes ne l’est pas, parce qu’elle dépend du prix du certificat, qui se forme sur un marché et que personne ne garantit.

Gouvernementmoyenne de la cinquième période, 2022 à 2025constat
7 centimes par litre

Réponse du 30 juin 2026 à une question écrite qui avançait 17 centimes. Le Gouvernement ne reprend pas ce chiffre et lui substitue le sien, sans publier sa méthode.

Cour des comptesannée 2023constat
7,3 centimes par litre

Seul chiffrage dont la méthode est publiée, en annexe. Il porte sur la cinquième période, dont l’obligation par litre était inférieure de 46 % à celle qui s’applique depuis 2026.

UFIP Énergies et Mobilitésfin 2025constat
11 centimes par litre

Déclaration d’une seule personne à l’AFP, non accompagnée d’un communiqué ni d’une méthode. L’UFIP est l’organisation professionnelle des obligés.

UFIP Énergies et Mobilitésà partir de janvier 2026prévision
16 centimes par litre

Annoncée cinq semaines avant l’entrée en vigueur, sous la forme d’une fourchette de 15 à 17 centimes. C’est ce chiffre, arrondi et durci en constat, qui circule aujourd’hui.

Aucun de ces quatre chiffres ne fait autorité sur les autres, et aucun n’est retenu par cette page comme valeur de référence. Sources : réponse du Gouvernement du 30 juin 2026 (nouvel onglet), Cour des comptes, juillet 2024 (nouvel onglet), et déclarations de l’UFIP Énergies et Mobilités à l’AFP le 26 novembre 2025.

Le chiffre qui circule, seize centimes, est le dernier de cette liste : une prévision annoncée cinq semaines avant l’entrée en vigueur, par l’organisation professionnelle des entreprises qui supportent l’obligation, sous forme de fourchette. Interrogé en avril 2026 par une députée qui reprenait un chiffre voisin, le Gouvernement ne l’a pas confirmé et a répondu tout autre chose : « En moyenne sur la 5ème période des CEE, les CEE ont représenté 7c€/TTC sur le litre de carburant. »

Rien n’autorise à trancher, et cette page ne tranche pas. Elle relève seulement que l’écart entre sept et seize centimes est du même ordre que tout ce dont on discute par ailleurs, et qu’un dispositif qui pèse sur le prix payé par quarante millions d’automobilistes sans que son coût soit publié pose un problème de méthode avant de poser un problème de montant.

Les deux autres lignes qu’on prend pour des taxes

Les stocks stratégiques

La France doit détenir en permanence l’équivalent du quart de ses importations nettes de l’année précédente. Le comité qui les gère facture ce service aux distributeurs : 1 centime par litre de gazole, 0,9 centime sur les essences. Ce n’est pas un impôt, mais cette rémunération entre dans l’assiette de la TVA, donc elle est elle-même taxée.

L’incorporation de biocarburants

Le tarif affiché (nouvel onglet) est de 140 € par hectolitre, et il n’est presque jamais acquitté : la taxe tombe à zéro pour qui atteint la cible d’incorporation, 10,5 % sur les essences et 9,4 % sur les gazoles, et les cibles sont tenues. Le coût réel n’est donc pas la taxe, c’est le surcoût du biocarburant acheté pour l’éviter, et aucune source publique ne l’isole.

Le prix du certificat se relève sur le registre national, où il est publié mois par mois : Registre national des certificats d’économies d’énergie, cotations mensuelles (nouvel onglet). Le certificat ordinaire est stable depuis janvier 2026 ; celui qui vise les ménages en précarité énergétique a doublé sur la même période, ce qui est la vraie raison pour laquelle personne ne sait dire ce que le dispositif coûtera cette année.

L’histoire

Trente-cinq ans, et une seule courbe qui monte

Le « c’était plus cher avant » est vrai pour le sans-plomb et faux pour le gazole. En pouvoir d’achat, le second a presque doublé pendant que le premier revenait chaque fois à son point de départ.

1001401802201990200020082016202220251990 : gazole 100, super 1001991 : gazole 98, super 961992 : gazole 92, super 921993 : gazole 96, super 931994 : gazole 99, super 941995 : gazole 97, super 961996 : gazole 106, super 1001997 : gazole 108, super 1021998 : gazole 102, super 991999 : gazole 109, super 1022000 : gazole 132, super 1152001 : gazole 122, super 1072002 : gazole 116, super 1032003 : gazole 117, super 1012004 : gazole 127, super 1032005 : gazole 145, super 1112006 : gazole 150, super 1152007 : gazole 150, super 1172008 : gazole 169, super 1212009 : gazole 134, super 1082010 : gazole 151, super 1182011 : gazole 172, super 1292012 : gazole 176, super 1322013 : gazole 169, super 1282014 : gazole 160, super 1232015 : gazole 143, super 1132016 : gazole 137, super 1082017 : gazole 152, super 1132018 : gazole 173, super 1212019 : gazole 172, super 1202020 : gazole 150, super 1082021 : gazole 167, super 1212022 : gazole 205, super 1322023 : gazole 190, super 1322024 : gazole 176, super 1252025 : gazole 166, super 117205gazolesans-plomb
Indices de prix TTC divisés par l’indice des prix à la consommation, les deux publiés dans le même tableau et sur la même base. La division est le seul calcul que nous faisons ici, et aucune autre source n’y entre. La série s’arrête en 2025, dernière année complète : 2026 sera au-dessus de tout ce que montre ce graphique.Source : SDES, prix des produits pétroliers en 2025, juin 2026 (nouvel onglet).

Le supercarburant coûte aujourd’hui +17 % de plus qu’en 1990, en pouvoir d’achat, après être repassé par son niveau de départ à trois reprises. Le gazole, lui, vaut +66 %, et il a culminé à +105 % en 2022. Son creux le plus récent, 2002, reste au-dessus de tout ce que les années quatre-vingt-dix ont connu. Le service statistique du ministère l’écrit sans détour : « Sur longue période, les prix des carburants augmentent plus rapidement que l’indice des prix à la consommation (IPC) et sont plus volatils ».

L’explication tient en une ligne et elle est fiscale. Le gazole partait d’un tarif très bas, décidé après les chocs pétroliers pour réduire la dépendance au pétrole et soutenir le transport routier. L’État a rattrapé une partie de cet écart entre 2014 et 2018, au moment précis où le parc était le plus diésélisé, ce qui explique à la fois la pente de la courbe rouge et la violence de la réaction sociale de l’automne 2018.

Ce que l’accise a fait depuis 2008

PériodeGazoleSans-plomb
2007 à 2014Tarif inchangé pendant huit ans, hors modulation régionale. L’inflation dépasse 11 % sur la période : en euros constants, l’accise baisse sans qu’aucun vote n’intervienne.42,8460,69
2018 au 31 juillet 2025Point d’arrivée de la composante carbone et de la convergence gazole-essence. Le tarif est gelé à partir de janvier 2019 et ne bouge plus pendant sept ans.59,4068,29
depuis le 1er août 2025Absorption du plafond de la modulation régionale dans le tarif normal. Sans effet sur le prix payé, puisque presque toutes les régions appliquaient déjà ce plafond.60,7569,02

Tarifs de la métropole continentale, en centimes d’euro par litre. Sources : code des douanes dans sa version de 2007 (nouvel onglet) pour le premier palier, art. L. 312-35 du CIBS (nouvel onglet) et circulaire des douanes de 2026 (nouvel onglet) pour les suivants. Le SP95-E10 porte un tarif propre, plus bas que celui des autres essences, au titre de l’art. L. 312-79 du même code (nouvel onglet).

En dix-huit ans, l’accise sur le gazole a donc gagné 17,91 centimes par litre, de 42,84 centimes à 60,75 centimes. C’est réel, et c’est très en deçà de ce qui avait été voté : la trajectoire carbone arrêtée par la loi de finances pour 2018 devait porter le tarif à 78,23 centimes dès 2022, soit 17,48 centimes de plus qu’aujourd’hui. La valeur de la tonne de carbone qui sert à fixer ces tarifs est figée à 44,6 depuis 2018.

Dans le même temps, l’État a relevé la valeur qu’il recommande à ses propres évaluateurs pour arbitrer les investissements publics : 256 la tonne en 2025, soit 5,7 fois celle qu’il applique à la pompe. Ce n’est pas une contradiction juridique, et le rapport qui la produit prend soin de le préciser : « la valeur de l’action pour le climat n’est pas une taxe mais une référence (un « prix fictif ») pour définir le périmètre et l’intensité des actions permettant d’atteindre les objectifs au moindre coût ». C’est en revanche un écart de doctrine que personne n’assume publiquement.

Cinq tentatives, et ce qu’elles ont appris

2000 à 2002

La TIPP flottante

Quand le cours du brut variait de plus de 10 %, le tarif de la taxe était corrigé de 16,388 % de la variation du prix hors taxes. Ce taux n’a rien d’arbitraire : 19,6 divisé par 119,6 vaut 16,388. Le dispositif ne faisait que rendre le surcroît de TVA encaissé du fait de la hausse, ni plus, ni moins.

2,7 Md€ entre le 1er octobre 2000 et le 21 juillet 2002

Le ministère l’a enterré avec ses propres chiffres : l’effet, limité à 2 centimes, était « peu perceptible par le consommateur en raison d’une variation des prix à la pompe de 15 centimes » et d’un écart de 10 centimes entre enseignes. Le signal valait deux centimes quand le bruit en valait quinze.

2014 à 2018

La composante carbone, et son gel

Créée par la loi de finances pour 2014, elle n’est pas une taxe séparée mais la clé qui fixe la trajectoire des tarifs. Elle passe de 7 à 44,60 € la tonne de CO2 en cinq ans, et la loi de finances pour 2018 programme 86,20 € pour 2022. L’article 64 de la loi de finances pour 2019 supprime cette trajectoire après le mouvement de l’automne 2018.

Sans ce gel, l’accise sur le gazole vaudrait aujourd’hui environ 78 centimes par litre au lieu de 61. L’écart entre le tarif voté et le tarif appliqué est le fait le moins connu du dossier, et il joue dans le sens inverse de ce qu’on croit.

2022

La remise à la pompe

Une aide versée aux distributeurs, à charge pour eux de la répercuter : 18 centimes TTC par litre d’avril à août, 30 de septembre à mi-novembre, puis 10 jusqu’à la fin de l’année. Les textes, eux, fixent des montants hors taxes, 15, 25 et 8,33 centimes : l’écart est la TVA, et citer les montants TTC comme s’ils étaient dans le décret est une erreur courante.

7,7 Md€ de crédits ouverts, selon le Sénat

La Cour des comptes juge les aides énergie « pour l’essentiel, à 90 %, non ciblées en fonction des revenus ». L’effet mesuré le confirme : le quart le plus aisé a reçu 64 à 115 €, le quart le plus modeste 29 à 48 €. Rapporté au revenu, le classement s’inverse, 0,26 à 0,42 % contre 0,09 à 0,17 %. Les deux lectures sont exactes.

2023

L’indemnité carburant travailleur

Cent euros par personne et non par foyer, pour les travailleurs motorisés dont le revenu fiscal de référence par part restait sous 14 700 €, soit la moitié la moins aisée. Il fallait la demander soi-même sur le site des impôts, entre janvier et mars.

1 Md€ de crédits ouverts

Le ciblage était le bon, la démarche l’a limité : mi-février 2023, près de cinq millions de personnes éligibles ne l’avaient pas faite. Le bilan définitif n’a jamais été publié, et une question écrite qui le réclamait est restée sans réponse jusqu’à la fin de la législature.

2025

Le gazole agricole, second gel

La loi de finances pour 2024 avait programmé la hausse progressive du tarif réduit applicable au gazole non routier agricole. L’article 72 de la loi de finances pour 2025 annule cette trajectoire : le tarif reste à 3,86 € par mégawattheure, contre 60,75 pour le tarif normal.

C’est le pendant exact du gel de 2018, à sept ans de distance et pour une autre profession. Les deux trajectoires de hausse votées en loi de finances ont été annulées après un mouvement social, aucune après une évaluation.

Reste une idée reçue à défaire, celle d’une taxe dont le rendement enflerait. Le produit de l’accise sur les produits pétroliers a formé un plateau sans tendance de 1998 à 2014, entre 22,4 et 24,4 milliards d’euros, puis il a culminé en 2018, l’année des Gilets jaunes, à 31,7 milliards. Il décroît depuis. Rapporté au produit intérieur brut, il est passé de 1,8 % en 1998 à 1 % en 2024. L’électrification du parc accentuera cette pente, et c’est le vrai sujet budgétaire des dix prochaines années : une recette de trente milliards adossée à une consommation que l’État s’emploie à faire disparaître.

Qui paie

La taxe la plus régressive du système, sous un dénominateur

C’est le seul point du dossier où les deux camps ont raison en même temps, et ce n’est pas une figure de style : le sens du résultat dépend de ce qu’on met au dénominateur, et les auteurs le disent eux-mêmes.

Taxe carbone, en part du revenu disponiblepremier et dernier déciles de niveau de vie · IPP, note n° 34, juillet 2018
0,55 %
0,21 %
La même taxe, en part de la dépense totalemêmes ménages, même note · IPP, note n° 34, juillet 2018
0,37 %
0,32 %
Fiscalité de l’énergie entière, en part du revenupremier et dernier quintiles · Conseil des prélèvements obligatoires, 2019
7,2 %
2,1 %
Dépense d’énergies fossiles, en part de la dépense totalerural non périurbain contre centre de Paris, à revenu et taille de ménage contrôlés · Insee Analyses n° 117, mars 2026
8,7 %
3,2 %
Facture annuelle de carburantrural hors attraction des villes contre urbain, 2022 · Insee Analyses n° 86, juillet 2023
1 855 €
981 €
Barre rouge : le groupe le plus modeste, ou le plus rural. Barre grise : le plus aisé, ou le plus urbain. Les deux premières lignes portent sur les mêmes ménages et la même taxe : seul le dénominateur change, et il suffit à renverser la conclusion.Sources : Note IPP n° 34, « Les effets redistributifs de la fiscalité carbone en France », Thomas Douenne, juillet 2018 (nouvel onglet), présentation du rapport du CPO devant la commission des finances, 2019 (nouvel onglet), Insee Analyses n° 117, « Taxer les émissions des entreprises ou celles des ménages », mars 2026 (nouvel onglet).

Rapportée au revenu disponible, la fiscalité de l’énergie est franchement régressive : les ménages du premier décile y consacrent près de trois fois l’effort de ceux du dernier. Rapportée à la dépense totale, le profil s’aplatit presque entièrement. Les deux mesures sont dans la même note, du même auteur, sur les mêmes données. Celui qui ne cite que la première surestime le constat ; celui qui ne cite que la seconde le nie. L’auteur, lui, conclut qu’il est « difficile de nier la régressivité de la taxe, même si l’ampleur de cet effet est à nuancer ».

L’écart territorial est plus large que l’écart de revenu : la part de la dépense consacrée aux énergies fossiles est près de trois fois plus élevée dans le rural non périurbain qu’au centre de Paris, à revenu et taille de ménage comparables. Mais la géographie n’est pas la cause, et c’est le Conseil d’analyse économique qui le démontre : dès qu’on contrôle les autres caractéristiques, l’écart entre un ménage rural et un Parisien tombe de 130 à 20par unité de consommation et par an. « le critère géographique ne joue plus qu’un rôle limité, tandis que celui des équipements persiste ». Ce n’est pas la ruralité qui coûte cher, c’est le chauffage au fioul et la motorisation diesel, qui sont simplement plus répandus à la campagne.

Ce que le prix de 2026 déplace, en nombre de ménages

L’Insee mesure la surexposition par un seuil littéral : « Un ménage est dit particulièrement exposé ou surexposé aux prix des carburants lorsqu’il consacre plus d’un mois de ses revenus annuels (8,3 %) aux dépenses de carburant. » En 2021, 2,2 millions de ménages motorisés franchissaient ce seuil, soit 10,6 % d’entre eux. Aux prix du printemps 2026, l’institut simule 4,7 millions, soit 22,4 %. Leur taux de pauvreté atteint 37,8 % contre 10,1 % pour l’ensemble des automobilistes, et leur kilométrage médian est presque le double.

La simulation retient 2,20 € le litre de gazole, soit moins que le prix de septembre : elle donne donc un plancher, pas une estimation haute. Source : Insee Première n° 2125, « Les ménages les plus exposés aux prix des carburants », septembre 2026 (nouvel onglet).

Et par rapport à nos voisins

Une seule ligne de ce tableau suffit à trancher un débat de trente ans.

GazoleHors taxesÀ la pompe
France1,27 €2,26 €
Moyenne de l’Union1,27 €2,11 €
Allemagne1,32 €2,33 €
Italie1,22 €2,14 €
Espagne1,30 €1,80 €
Pologne1,22 €1,98 €

Hors taxes, le gazole français et le gazole européen valent la même chose à 0,25 centime près. À la pompe, 0,15 € les séparent. L’écart entre la France et ses voisins sur le gazole est donc intégralement fiscal, et il n’y a pas de troisième explication à chercher : ni le marché, ni les distributeurs, ni la géographie. Notre accise dépasse le minimum communautaire (nouvel onglet) de 84 %, et ce dépassement est un choix, renouvelé chaque année en loi de finances.

C’est la conclusion la moins confortable de cette page, et elle vaut dans les deux sens. Quiconque veut baisser le prix du carburant en France sait exactement où appuyer, et combien cela coûte. Quiconque défend le niveau actuel doit le défendre pour ce qu’il est, un prélèvement volontaire, et non en renvoyant au cours du baril.

Relevés de la semaine du 4 septembre 2026, seule donnée de cette page qui ne soit pas arrêtée au 11 septembre : le bulletin pétrolier européen paraît avec une semaine de décalage. Sur la remise de 2022 et ses bénéficiaires, voir Conseil d’analyse économique, Focus n° 98, « Qui a bénéficié de la remise à la pompe ? », juillet 2023 (nouvel onglet).

Les limites

Ce que cette page ne permet pas de conclure

Six réserves, dont deux jouent contre le confort de la démonstration.

01

Le prix de cette page n’est pas le vôtre

Toute la page est arrêtée sur une moyenne nationale du vendredi, qui est la série longue de l’administration. Le relevé quotidien des stations donnait 2,41 € neuf jours plus tard, soit 0,12 € de plus, et plusieurs centaines de stations affichaient encore bien au-delà. Une moyenne nationale écrase la dispersion entre enseignes, qui atteint couramment dix centimes, et la géographie, qui pèse davantage sur ceux qui n’ont pas le choix de leur station.

02

La décomposition de la hausse est un ordre de grandeur

Attribuer tant de centimes au baril et tant à la marge de raffinage suppose qu’un litre de gazole se déduise proportionnellement d’un litre de brut, ce qui est faux : les rendements d’une raffinerie varient, et la marge de septembre 2026 est comparée à une moyenne annuelle faute de série mensuelle publiée sur toute la période. Le sens et l’ampleur du phénomène sont solides, la répartition au centime près ne l’est pas.

03

Les faits de guerre sont des estimations, pas des statistiques

Le nombre d’installations frappées, la part des capacités russes à l’arrêt, les volumes qui ne passent plus par Ormuz : tout cela est compté par des agences et des organismes de veille, dans des pays qui ne publient plus grand-chose. Chaque chiffre est donné ici avec celui qui l’avance, et aucun ne doit être lu à la décimale. Leur convergence est ce qui les rend utilisables, pas leur précision.

04

Le coût des certificats d’économies d’énergie reste inconnu

Cette page ne tranche pas entre sept et seize centimes par litre, parce qu’aucune source publique ne permet de le faire. Elle ne peut donc pas boucler exactement la colonne des coûts réglementaires, et quiconque prétend le faire, dans un sens ou dans l’autre, va au-delà de ce qui est publié.

05

La régressivité mesurée ici se retourne, et nous l’avons montré

La section sur la répartition contient une mesure qui affaiblit sa propre conclusion, et c’est volontaire. Une page qui n’aurait gardé que le rapport au revenu aurait produit un réquisitoire ; une page qui n’aurait gardé que le rapport à la dépense aurait produit une excuse. Les deux circulent séparément, et c’est cette séparation qui rend le débat stérile.

06

Ce que la page ne traite pas

Elle décrit ce que paie un automobiliste particulier en métropole continentale. Elle laisse de côté les tarifs réduits professionnels, transport routier de marchandises, taxis, agriculture, pêche, qui forment un dossier à eux seuls et représentent plusieurs milliards d’euros de dépense fiscale. Elle laisse aussi de côté la Corse, qui a son propre tarif et son propre taux de TVA, et l’outre-mer, où l’accise ne relève même pas des mêmes textes.

Le prix réellement pratiqué par chaque station est public et se vérifie : prix-carburants.gouv.fr, relevé quotidien station par station (nouvel onglet).

Sources

Ancrage documentaire

Les prix, les taxes et les marges sont arrêtés au relevé du 11 septembre 2026, à une exception près, la comparaison européenne, qui porte sur la semaine du 4 septembre 2026 parce que le bulletin européen paraît avec un décalage. Les séries longues s’arrêtent à 2025, dernière année complète. Page révisée le 21 septembre 2026.

  • DGEC · le relevé de la semaine (nouvel onglet)DGEC, note hebdomadaire sur les prix des produits pétroliers du 11 septembre 2026. Prix moyens nationaux hors taxes et toutes taxes, décomposition du hors taxes, cotations de Rotterdam, marge de raffinage et comparaison européenne. C’est la source qui porte la moitié de cette page.
  • DGEC · la marge de raffinage depuis 2015 (nouvel onglet)DGEC, historique de la marge brute de raffinage sur Brent depuis 2015, moyennes mensuelles. Série mensuelle complète, qui permet de mesurer l’anomalie de 2026 contre onze années de référence plutôt que contre un souvenir.
  • SDES · les prix dans la durée (nouvel onglet)SDES, prix des produits pétroliers en 2025, juin 2026. Indices annuels de prix TTC et indice des prix à la consommation sur la même base, ce qui rend le prix réel calculable sans aller chercher un déflateur ailleurs.
  • Douane · les tarifs d’accise (nouvel onglet)Circulaire des droits et taxes de mars 2026. Tarifs par produit et par région, et rémunération du comité des stocks stratégiques. Elle corrige une coquille du guide de la DGEC sur le tarif du SP95-E10.
  • DGEC · le guide de la fiscalité des énergies (nouvel onglet)Panorama 2026 : tarifs normaux et réduits, objectifs d’incorporation de biocarburants, rendement et affectation du produit de l’accise entre l’État, les collectivités et l’agence des infrastructures.
  • CIBS · le texte de la taxe (nouvel onglet)Article L. 312-35 du code des impositions sur les biens et services : les tarifs normaux de l’accise sur les énergies à usage carburant, ce que tout le monde appelle encore la TICPE.
  • CGI · la TVA sur la taxe (nouvel onglet)Article 267 du code général des impôts : tous les impôts entrent dans l’assiette de la TVA, sauf elle-même. C’est la base légale de l’effet de taxe sur taxe.
  • Cour des comptes · les certificats d’énergie (nouvel onglet)Communication de juillet 2024. Seul chiffrage du coût des CEE par litre dont la méthode soit publiée, et constat que ce coût se loge dans la marge de distribution, donc qu’il échappe à l’observation.
  • Gouvernement · la réponse sur les CEE (nouvel onglet)Réponse du 30 juin 2026 à une question écrite qui avançait 17 centimes par litre. Elle ne reprend pas ce chiffre et en donne un autre, sans publier sa méthode.
  • IPP · la régressivité et son dénominateur (nouvel onglet)Note IPP n° 34, « Les effets redistributifs de la fiscalité carbone en France », Thomas Douenne, juillet 2018. La note qui mesure l’effort fiscal des ménages sous deux dénominateurs et obtient deux conclusions différentes, ce qu’elle écrit elle-même.
  • Insee · les ménages surexposés (nouvel onglet)Insee Première n° 2125, « Les ménages les plus exposés aux prix des carburants », septembre 2026. Le seul travail qui traduise le prix du carburant en nombre de ménages, avec une simulation aux prix de 2026.
  • Sénat · le coût des aides de 2022 (nouvel onglet)Sénat, rapport d’information n° 779, « L’usine à gaz des aides énergie », juillet 2023. Crédits ouverts pour la remise à la pompe et pour l’indemnité carburant, dispositif par dispositif.
  • AIE · l’état du raffinage mondial (nouvel onglet)Agence internationale de l’énergie, Oil Market Report, septembre 2026. Traitements russes, exportations du Golfe, niveau des marges dans le bassin atlantique. Les faits de guerre de cette page en viennent, ou de Reuters cité par elle.
  • BCE · le taux de change (nouvel onglet)Banque centrale européenne, taux de change de référence quotidiens depuis 1999. Les moyennes et les plus hauts cités ont été calculés sur ce fichier, cotation par cotation, plutôt que repris d’une reprise de presse.
  • France Stratégie · la valeur du carbone (nouvel onglet)Rapport de mars 2025. Il porte la valeur de référence à 256 € la tonne tout en rappelant qu’elle n’est pas une taxe, ce qui est la précaution que les deux camps oublient de citer.