Où retombe le solde quand une recette manque, ce que cette analyse ne démontre pas, et les sources mobilisées.
9 min de lecture · sources arrêtées au 28 août 2026
Tout ce qui précède a été calculé à assiette constante, c’est-à-dire en supposant que personne ne change de comportement quand le taux change. C’est une convention favorable au programme. Voici ce qu’elle laisse de côté, et ce que valent historiquement les bouclages annoncés.
Un programme qui baisse les prélèvements part donc d’un solde déjà très dégradé, et chaque milliard de recette annoncée qui ne rentre pas s’ajoute à cette ligne. C’est vrai de tous les programmes, quel que soit le camp, et c’est la raison pour laquelle la solidité d’un bouclage compte autant que son intention.
Un impôt plancher de 20 % sur les foyers déclarant plus de 250 000 €, voté en loi de finances 2025 et appliqué. Le seul test réel disponible d’une recette assise sur une assiette étroite.
Ce n’est pas une prévision d’institut, c’est une exécution budgétaire. Elle vaut pour la taxe sur les rachats d’actions comme elle valait pour les mesures d’un tout autre camp.
Aucun chiffrage indépendant du programme 2027 n’existe. Les deux précédents portent sur des plateformes plus larges qu’un contre-budget, et ne sont donc pas directement comparables aux chiffres examinés plus haut. Ils indiquent en revanche l’écart historique entre une plateforme électorale et son bouclage.
Ce que représenterait le solde de 101,8 Md€, si les mêmes ordres de grandeur se reproduisaient.
Un point de taux normal de TVA rapporte 8,9 Md€. Ces conversions ne sont pas des propositions du programme : ce sont des unités de mesure, destinées à donner un ordre de grandeur familier. Le déficit augmenterait de 67 % par rapport à son niveau de 2025.
Ces effets ne sont jamais déduits de nos totaux. Ils servent uniquement à indiquer dans quel sens ceux-ci sont probablement biaisés, y compris quand ils jouent en faveur du programme.
La contribution différentielle sur les hauts revenus, plancher de 20 % voté en loi de finances 2025 et appliqué, devait rapporter 1.9 Md€. Elle en a encaissé 0.4. Ce n’est pas une prévision d’institut, c’est une exécution budgétaire, et elle vaut pour toute recette assise sur une assiette étroite et mobile, quel que soit le camp qui la propose. Les 8,4 Md€ attendus d’une taxe à 33 % sur les rachats d’actions devraient être lus à cette aune.
Le ministère de l’Économie relève que la baisse profiterait pour partie aux distributeurs plutôt qu’aux consommateurs. Le coût budgétaire, lui, est intégral dès le premier jour. L’objection est toutefois plus faible pour l’énergie que pour un service : l’électricité et le gaz sont vendus à des tarifs encadrés et facturés en toutes taxes comprises, ce qui rend la répercussion mécaniquement plus complète. C’est un point où la mesure est mieux armée que la comparaison courante ne le suggère.
Plusieurs postes d’économies portent sur des budgets qui ne sont pas ceux de l’État : les prestations familiales relèvent de la branche famille de la sécurité sociale, l’aide sociale à l’enfance des départements, la dotation globale de fonctionnement des collectivités. Une économie y réduit un besoin de financement, elle n’alimente pas le budget général qui supporte les baisses d’impôt promises.
Le coût d’une TVA réduite sur l’énergie augmente mécaniquement avec le prix de l’énergie, et celui d’une baisse d’impôts de production avec la masse salariale et la valeur ajoutée. Les recettes annoncées en regard, elles, portent sur des assiettes qui se contractent quand on les taxe. L’asymétrie ne joue pas dans le même sens des deux côtés du tableau.
Un raisonnement qui ne survit qu’en cachant ses angles morts ne vaut rien. Voici les points sur lesquels le programme analysé a raison, et ceux où notre propre démonstration reste fragile.
Le tableau annexe du document totalise 88,3 Md€ d’un côté et 52,7 Md€ de l’autre. L’addition tombe juste. Le reproche courant selon lequel le programme ne dirait pas d’où vient l’argent est infondé : il le dit, ligne par ligne, au million près. Notre objection porte sur la solidité des assiettes, pas sur l’existence du chiffrage.
La Cour des comptes établit que la fiscalité de l’énergie représente 3,9 % du revenu du premier quintile contre 1,1 % du dernier, soit un écart d’environ 4 pour un. L’énergie pèse 9,4 % du budget des ménages. Rien dans cette page ne conteste ce diagnostic ni la légitimité de vouloir le corriger. Notre objection porte sur l’instrument retenu, pas sur le problème posé.
Nous raisonnons sur un exercice parlementaire borné à une année et à des amendements réels, faute de chiffrage présidentiel publié. Un programme de campagne pourrait retenir un périmètre plus large, ce qui déplacerait tous nos pourcentages. Le choix de ce document est favorable au programme, puisqu’un contre-budget est par construction plus prudent qu’une plateforme. Mais il n’en est pas l’équivalent, et il faut le savoir en lisant nos ratios.
Les analyses de 2022 et de 2024 portent sur des plateformes électorales antérieures, dont plusieurs mesures ont depuis disparu des documents budgétaires du parti. Elles ne peuvent pas servir à juger le programme de 2027, et nous ne les mobilisons que pour situer l’écart historique entre une annonce et son bouclage. Un chiffrage indépendant de l’édition 2027 pourrait conclure tout autrement.
Nous relevons que le montant annoncé pourrait être un rendement brut plutôt qu’un gain net. Le chiffrage indépendant disponible place le rendement total d’un tel impôt entre 3,2 Md€ et 4,5 Md€ : le chiffre du parti est donc dans la fourchette. Notre lecture est la plus sévère des deux possibles, et le document ne permet pas de trancher. Nous le signalons plutôt que de présenter notre interprétation comme établie.
L’exonération d’impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans est souvent présentée comme inconstitutionnelle. Nous n’avons identifié aucune décision du Conseil constitutionnel portant spécifiquement sur un critère d’âge en matière d’impôt sur le revenu. La jurisprudence la plus proche que nous ayons vérifiée est la décision n° 2000-437 DC du 19 décembre 2000, qui porte sur un autre dispositif et un autre motif. Nous ne présentons donc pas cette analogie comme un précédent, et la mesure n’est pas traitée comme juridiquement bloquée.
Nous n’avons retenu que le montant que le parti inscrit lui-même dans son document. Il n’existe pas de chiffrage officiel consolidé du coût budgétaire net de l’immigration, et les évaluations disponibles varient d’un signe à l’autre selon le périmètre retenu, l’inclusion ou non des descendants, le traitement des dépenses non individualisables et l’horizon de calcul. Ce choix nous prive d’un argument dans les deux sens, et c’est délibéré : un dossier budgétaire ne peut pas reposer sur un agrégat dont la valeur dépend des conventions plus que des données.
Taxe sur les rachats d’actions portée à 33 %, rétablissement de l’exit tax : ce ne sont pas des postures, ce sont des amendements adoptés en séance. Une lecture qui présenterait ce programme comme uniquement favorable aux hauts patrimoines serait démentie par les scrutins publics. Notre objection porte sur le rendement attendu de ces mesures, pas sur leur sincérité.
Cette page évalue une question, et une seule : les recettes et économies annoncées peuvent-elles produire les montants inscrits, et qui compose leur assiette ? Elle ne se prononce ni sur la politique migratoire, ni sur le niveau souhaitable de la dépense publique, ni sur le périmètre de l’État. Ce sont des choix politiques : ils se tranchent dans l’urne, pas dans un tableur.
Les mesures viennent des documents budgétaires du groupe, les données publiques de la Cour des comptes, de la DGFiP, du HCFiPS, du service des données du développement durable et des scrutins de l’Assemblée nationale. Les chiffrages contradictoires sont cités avec leur auteur.
Toutes les mesures et tous les montants du programme viennent du contre-budget du groupe, document public et chiffré au million près, plutôt que d’interviews ou de meetings. C’est le choix le plus favorable au programme : un contre-budget parlementaire est un exercice contraint, donc plus prudent qu’une plateforme de campagne.
Tous les totaux sont établis à assiette constante : aucun effet de comportement n’est jamais déduit d’un total, ni pour gonfler une recette ni pour minorer un coût. Le seul poste du contre-budget qui déduit explicitement un effet de comportement est signalé comme tel, et conservé.
Chaque fois qu’un chiffrage existe sous forme de fourchette, la borne la plus favorable à la mesure est retenue : le coût le plus bas pour une baisse, le rendement le plus haut pour une recette. La baisse de TVA sur l’énergie est ainsi comptée au montant du parti, inférieur de plus de la moitié à celui de l’administration.
Chaque ligne chiffrée porte son origine : chiffre du parti, chiffrage publié par une institution, ou hypothèse que nous assumons faute des deux premiers. Le lecteur doit pouvoir refaire le calcul et contester ligne par ligne.
Le partage est calculé sur les baisses annoncées par le parti, pas sur le budget de l’État. Comparer une recette à un agrégat qu’elle n’a jamais prétendu financer serait un homme de paille. Les comparaisons centrales confrontent des lignes du document à d’autres lignes du même document.
Aucun chiffrage global de « coût de l’immigration » n’est mobilisé, dans aucun sens. Il n’en existe pas de version officielle consolidée, et les évaluations disponibles changent de signe selon le périmètre. Seul le montant que le parti inscrit lui-même est retenu.
Les fragilités connues.
Base retenue sur cette page : 45 Md€ de baisses de prélèvements et 31 Md€ de recettes nouvelles, chiffres du contre-budget du 23 octobre 2025.